‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 130 sur 234 · Chapitre XIII · texte numérisé non relu

Chapitre XIII

Sauf des buissons rabougris, des herbes et des lichens, la végétation y est presque nulle. Les habitants, d'origine kamtschadale, tirent leurs principales ressources de la pêche et de la chasse ; ils sont doux et tranquilles. Le nombre des Aléoutiennes est évalué à cent cinquante, occupant une superficie d'environ 450 myriamètres carrés.

A Ounalaschka, les voyageurs renouvelèrent le bicarbonate de soude et Tacide chlorhydrique et repartirent aussitôt. Ils passèrent sur les îles et îlots d'Ounimak, Tskugidi, Tanaguni, Oulaga^ Younaska, Genunam, Athka, Tagalak, Goroloï, Adahk, et arrivèrent enfin à Tanaga un peu avant la nuit.

Le Céleste avait parcouru toul Tespace compris entre le i6o« et le 180® degré longitude ouest de Paris. Nous savons que vers les 50® et 60® parallèles, la distance d'un degré est d'environ 15^ lieues ; il n'avait donc été franchi que 260 lieues, soit 1,040 kilomètres, trajet très-ordinaire pour l'aéronef quand rien ne contrariait sa course.

A part les Aléoutiens qui vivent dans l'île Tanaga, Iwan de Kisseloff rencontra trois de ses compatriotes, trois Russes, anciens agents de la compagnie russo-américaine, acclimatés par un long séjour dans ces rudes parages, et, du reste, retenus par les liens du sang, car ils s'étaient mariés avec des femmes indigènes. Celles-ci furent présentées aux voyageurs, mais nous avouerons qu'elle ne ressemblaient point précisément à la Vénus de Médicis. Cardounet ne put s'empêcher

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de dire « qu'il fallait avoir tué père et mère pour épouser des guenons pareilles. • Comme toutes choses, la beauté est souvent affaire de convention ; les Aléoutiennes avaient charmé et enflammé les cœurs des Russes, qui paraissaient être d'excellents maris. •

Les bons et pacifiques habitants de Tanaga offrirent leurs services à Valdy, qui les fit remercier avec effusion et leur distribua quelques bouteilles de tafia, cadeau le plus agréable qu'on puisse leur donner, puis il prit ses dispositions pour passer la nuit.

On était donc sous le i8o« méridien!

Malgré les accidents, les détours, les reculs, les retards, les tempêtes, les vents contraires, le Céleste avait parcouru la moitié du globe en vingt jours!

La navigation aérienne devenait désormais une réalité !

L'air était conquis!

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