chapitre XIV
Petropaulowsk (port Saint-Pierre et Saint-Paul), au fond de la baie d'Awatcha^ est une petite ville de 5,000 âmes. Son port est spacieux et sûr. Les maisons sont en bois, les fortifications en terre soutenue par des fascines fortement liées. Elle a un terrible voisin , le volcan d'Awatcha , qui menace constamment de Tensevelir ou de la détruire.
Le 8 août 1827, le volcan lança une telle quantité de cendres, qu'on craignit pour la ville le sort de Pompéi et d'Herculanum ; le 6 mai 1841, il secoua violemment toute la contrée, et les secousses renversèrent plusieurs maisons.
Le gouverneur, le commissaire principal de la société de commerce russo-américaine, les officiers de la garnison comblèrent de prévenances les voyageurs et parurent enchantés décompter un de leurs compatriotes parmi les premiers navigateurs aériens. On se souvient que Will Tooke avait trouvé les mêmes sentiments chez les Américains.
La vanité est de tous les temps, de toutes les nations et de toutes les latitudes!
Le 23 septembre, devant la population valide de Petropaulowsk, \e Céleste s'éleva dans l'atmosphère. Sa marche fut d'abord gênée, incertaine, retardée par un vent du nord-est assez fort.
Après plusieurs évolutions et à une hauteur de 1,500 mètres, il trouva un courant d'air favorable à sa nouvelle direction. Valdy voulait traverser le Karastchatka, remonter la côte occidentale jusque vers la 57* parallèle, puis s'élancer
^c^^ Ckhu'.îk e:i mverîanr le bras de mer qni :l'r:!:c îo iciix jolies ie Piniinsk et dl/igiiisk. Ld '^JLTr.x: eu KaiiîîîchrJti comprise entre PetropcLLiluw^k cl Bieîoçoîouskoi a Touest) fat rapidemciu r'ntnchic.
P?jkerret:k rtmanjua aue la mer d'Okhotsk chansicdit d'aspect di r?renair une teinte laiteuse. K:i "juirc, les vagues moutonnaient er s'enirechoquaiciu irrtgulicremtni.
> Capicainc. dit-;L ceux qui nous ont prévenus de :îuus ^arcr contre les tempêtes équinoxiales ne nous ont pas menti. Au-dessous de nous, il doit exîNter un branle-bas gênerai.
— Vous croyez, Pick.-
— Si ie le crois! aussi bien que Je mourrai un iour c( que ma mcre était une brave femme! La houle dciVrle avec colère sur la rive et le vent sirflc comme toutes les couleuvres de renfer.
— Serons-nous atteints .-
— Ça. capitaine, ie n'en sais encore rien. • Le ciel, qui jusque-la avait été sillonné par des
cirro-cumulus blanchâtres, se cou^TÎt de nuages aux teintes plombées et cui\Tees. Us accouraient du sud-ouest, point opposé à la direction dans laquelle soufflait le vent.
< Ceci est bizarre, dit Iwan de KisseloiF en regardant courir les nues.
— Pourtant l'explication en est bien simple, répliqua Valdy. Aux jours qui précèdent et suivent les équinoxes. la nature éprouve un bouleversement universel. Le soleil ayant régné peu-