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CHAPITRE XV

Nertschinsk. — Les Bourètes. — Kiachta, Maï-maï-tchin et Troïtskosawsk. — Une foire asiatique. — Ourga. — Karakorum. — Une vieille querelle. — Le désert de Gobi. — Sou-tcheou — Les pirates du désert. — Un traître. — Dernghuiz pèlerin. — L'acide chlorhydrique divinisé. — Le Champagne, breuvage des houris. — L'eau de ja source d'Ismaêl. — Appel à la cupidité. — Les sentinelles ivres. — Délivrance!

Nertschinsk est une. ville de huit mille âmes, dans la province de Transbaïkalie, formée en 1851 de la partie méridionale du gouvernement d'Irkoutsk et de la Daourie ; elle est célèbre par les mines de plomb , d'argent et d'or qui se trouvent dans ses environs; c'est presque une cité européenne, coquettement assise à l'embouchure de la Nerscha, jolie rivière qui se jette dans la Schilka.

Iwan de KisseloiF présenta ses compagnons, y compris Georges Simpson, aux autorités civiles et militaires, aux administrateurs, aux ingénieurs des mines, et leur fit visiter l'aéronef, en leur donnant toutes les explications qui lui furent demandées. Certains fonctionnaires russes s'exprimaient en français et ils présentèrent leurs compliments à Valdy en cette langue. M"® Valdy devint l'objet de leurs attentions les plus délicates et les plus

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polies, et, pendant le splendide dîner et la brillante soirée que Tadministrateur général ofiritaux voyageurs, on lui résena les places d'honneur. Une députation de mineurs vint la prier d'accepter trois petits lingots : l'un de plomb, l'autre d'argent et le troisième d'or. L'ouvrier le plus lettré prononça en russe un petit discours que Ton traduisit immédiatement et qui n'était pas trop mal tourné.

M'"* Valdy remercia vivement les pauvres mineurs. L'administrateur général lui dit en riant :

• La littérature se fourre partout, madame; c'est une plaie par laquelle il ne faut pas se laisser envahir. Aussi, pour punir les ouvriers, je leur accorde un jour de congé avec solde.

— Monsieur, vous ne pouviez m'être plus agréable, répondit M"® Valdy.

— Il me semble, interrompit Will Tooke, que tous les mineurs ne sont pas d'origine russe.

— C'est vrai, répliqua l'administrateur, parmi eux il y a quelques Bourètes qui, subissant notre influence civilisatrice, ont abandonné leurs habitudes nomades, secoué leur paresse traditionnelle, pour demander au travail un bien-être et une aisance qu'ils ne connaissaient pas dans les steppes, surtout lorsque les hivers sévissent dans toute leur rigueur.

— Les Bourètes sont nombreux dans cette province.

— On en compte environ cent mille depuis le

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