Chapitre XV
lac Baïkal jusqu'à TArgoum, et ils peuvent mettre en campagne plus de vingt mille guerriers, car chez eux Tadolescent et le vieillard sont armés, ïls sont soumis à la Russie depuis 1644 et choisissent eux-mêmes leurs chefs, sauf la confirmation du gouvernement qui leur remet un poignard, insigne de leur dignité. L'été, ils vivent dans des huttes qui ressemblenfaux gourbis des Bédouins; l'hiver, ils s'abritent sous des tentes de feutre. Leur religion est un mélange de bouddhisme et d'idolâtrie. A leurs yeux, la femme est un être impur et inférieur qui ne peut s'approcher des idoles et des dieux domestiques. Si un Bourète veut s'asseoir là où une femme était assise avant lui, il purifie la place par des parfums, des ablutions et des prières. Ceux qui se rapprochent de nous perdent peu à peu leurs coutumes et leurs préventions. »
La fête se prolongea assez avant dans la nuit, et nos voyageurs ne se livrèrent aux douceurs du repos qu'après minuit.
Le 26 septembre, le soleil apparut brillant et radieux. Pas un souffle n'agitait l'atmosphère. Le beau temps succédait enfin à la tourmente équinoxiale qui sévissait depuis trois jours. Le Céleste partit, acclamé par toute la population de Nertschinsk et se dirigea vert Touest. L'administrateur des mines expédia aussitôt une dépêche à Kiachta pour annoncer l'arrivée de l'aéronef. Pendant un trajet de 100 myriamètres environ, aucun incident ne troubla le voyage. La contrée sur laquelle on
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passa ressemblait à ce que Ton connaissait déjà de la Transbaikalie : au bord des rivières, des pâturages et des terres culrivées; au pied des montagnes, des steppes stériles.
A Kiachta, plus de ^ingt mille personnes saluèrent le Céleste de leurs uvat lorsqu'il fut en vue.
Si l'on consulte une géographie pour avoir des renseignements sur Kiachta, on trouve généralement ces quelques phrases : • Kiachta, petite >nlle sur la frontière méridionale de la Sibérie, dans un pavs désolé et pau\Te. Il s'y fait un assez grand commerce entre les Chinois et les Russes. Population : i«2oo habitants. >
La curiosité avait donc attiré Wngt mille personnes dans une misérable bourgade? — Non.
— Seulement la plupart des géographies se trompent lorsqu'elles parlent de Kiachta.
Kiachta est célèbre dans toute TAsie centrale par sa grande foire du mois de décembre ; elle est le centre des échanges opérés entre les Russes, les Sibériens, les Mongols et les Chinois. Tous les ans il s'y fait pour plus de 100,000,000 de francs d'affaires. Kiachta n'est, pour ainsi dire, qu'un faubourg de Troïtskosawsk la ville officielle russe peuplée de 12,000 habitants, et elle n'est séparée de Maï-maï-chin, ville chinoise, que par des palissades de bois. Il existe donc, sur ce point, trois cités réunies, et nous ne devons plus être étonnés d'y rencontrer une nombreuse population.
Le Céleste s'abattit sur une sorte de tumulus