Chapitre XV
de Tatars du Turkestan, véritables pirates du désert, vivant de rapines, poursuivant les caravanes pour piller ou exiger un tribut. Les Tatars allumèrent du feu, attachèrent leurs chevaux et leurs chameaux et se réunirent -^n cercle autour de celui qui paraissait les commander. M™* Valdy fut amenée dans ce cercle hideux. Tous les yeux brillèrent d'une ardeur sauvage et lascive.
« Cette femme m'appartient, dit Dernghuiz, elle est mon esclave. Malheur à celui qui touchera un seul cheveu de sa tête !
— Toi qui parles avec tant d'assurance, interrompit le chef, qui es-tu ?
— Pourquoi m'interroges-tu?
— Tu déguises ta personne et ta pensée; tu es un chien, fils de chien, tu nés pas des nôtres.
— Que faut-il pour être des vôtres ?
— Ne pas appartenir aux bouddhistes et vénérer le Koran.
— Je suis un hadji (pèlerin) et je viens de la Mecque ! »
Le croira-t-on? cette réponse changea les sentiments des Tatars et leur fit respecter Dernghuiz comme s'il eût été un saint. Le fanatisme assouplissait ces natures ignorantes et farouches.
« Tu as vu V Q4adar'-el'(ylswad^ ? demanda le chef.
— Je l'ai touchée et me suis purifié à son contact, répondit Dernghuiz; elle a porté l'empreinte