Chapitre XV IL
lanquin doré, paraissait tout ahuri, mais les vieux lamas rayonnaient.
Cardounet releva la tête pour examiner ce qui se passait. Aussitôt il quitta son palanquin, bouscula les prêtres qui s'opposaient à son passage, secoua son parapluie, d'une façon menaçante et embrassa deux hommes arrêtés à côté de lui.
« Dernghuiz ! Monsieur le comte ! cria-t-il, ah ! que cela me fait du bien de vous revoir!
— Cardounet, vous nous perdez et vous vous perdez, dit Iwan de Kisseloff en désignant le cercle qui se formait autour d'eux.
— De quoi ? De quoi ? Est-ce que je ne suis plus le bon Dieu de ces vilains moricauds? Qu'ils vous regardent seulement de travers, et c'est avec moi qu'ils compteront! »
Mais les lamas criaient à la profanation et au parjure. Dernghuiz et son maître furent saisis et liés. Cardounet essaya de les défendre, on s'écarta respectueusement devant lui et on le laissa s'agiter dans le vide. Il écumait et déchirait ses beaux habits.
« Tas d'ânes, disait-il, vous croyez que cela se passera ainsi? Ah! mille millions de grelins! il faut que j'en éventre une douzaine si vous ne respectez pas mes amis. «
Iwan de Kisseloff lui cria :
• Cardounet, continuez votre rôle. Georges Simpson était avec nous, et je ne l'aperçois plus. Nos
cnmpa^oas seront prévenm â ils nous ssxncront.
— Tant mieux, car pour FiiiffiDit je ne puis vous venir en aide; mes Tkàacassaxs sant s mal civilisés qu'ils n'entendent pas an. mot dé ùançais.
— Surveillez-nous, c'est tout ce (çae je vous demande. »
On entraîna Demghuiz et sou
Cardounet. comme si rien ne ae €it ^^sL revint sur son palanquin^ et tràmm. zvec use majesté dont personne ne Taurait cm cgpghte, I.,a (ète et la promenade continuèrent- Georges Simpson, comprenant tous les dzagos de rimprudence commise par CardbuiieC cadia son visage afin de ne pas être recocmu et s'éloigna.
fin foute hâte, il courut tcts le Céleste, et TÀContz la nouvelle mésaventure qui renaît de survenir.
« Demghuiz et M. de KisseloS'sont peidns, dit Valdy, car la justice chinoise est expèdidre.
— I.e jour de la proclamation d'un nouveau dalaî'lama, répondit le lieutenant, il est défendu de yctunr le sang. Nous pouvons les sauver.
— Disposez de nous, nous vous obéirons aveuglément.
— Nous allons nous procurer deux chevaux.
M. Wîll Tooke viendra avec moi...
— Et moi> demanda Pickerreek.
— Vous, vous resterez ici; vous aiderez M.Valdy
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à manœuvrer ràéronef; M"® Valdy vous secondera. Dans une heure, il faut que le Céleste s'abatte dans la plaine. Vous ne serez point trop de trois personnes pour le gouverner.
— Bien^ dit Valdy.
— Avec la lunette, distinguez -vous la route qui conduit de H'Lassa à la forteresse de Potolah ? .
— Parfaitement. .
— Voyez -vous cette route plus étroite qui descend de la montagne et vient couper transversalement la première vers le milieu?
— Oui.
— Dans une heure précise, trouvez-vous à côté de cette dernière route, près de ce bouquet d'arbres que nous apercevons... Ne désappareillez pas. Tenez-vous constamment prêts à repartir.
— J'exécuterai vos ordres. • .
Will Tooke et Simpson endossèrent une partie des défroques apportées par. Dernghuiz et s'éloignèrent.
Avant d'arriver à H'Lassa, Georges Simpson avisa un campement de Mongols attirés par les solennités de leur religion, et possédant une certaine quantité de bêtes de somme. Au moyen du langage des signes, il fit comprendre qu'il désirait deux chevaux. Le chef de la tribu les refusa d'abord, mais quelques pièces d'or adroitement glissées dans sa main le rendirent plus, accommodant. La cupidité bien connue de ces êtres activa
le marché. Simpson devint acquéreur de deux
Oui. *E^r» ^
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