Chapitre XVII
donnerez mon cheval aussitôt que vous me verrez accourir vers vous.
— C'est entendu. •
L'Anglais et l'Américain attendirent encore un quart d'heure. Le premier regarda sa montre et dit :
t Dans cinq minutes, le Céleste sera à l'endroit indiqué. Le cortège du dalaï-lama s'avance vers nous. Montez à cheval, monsieur Will Tooke, et préparons-nous. •
Les coups de tam-tam retentissaient à intervalles égaux; une multitude innombrable s'approchait. Lorsque l'Incarnation de Bouddha apparaissait,^ tout le mondé s'agenouillait et se prosternait... Un instant, Simpson se trouva seul debout avec les principaux lamas. Ceux-ci s'avancèrent pour lui ordonner de s'incliner; mais le lieutenant, preste comme la pensée, saisit l'enfant dans ses bras nerveux et le remit à Will Tooke...
Rien ne saurait dépeindre la confusion qui suivit cet acte hardi. Les lamas s'élancèrent en désordre vers Will Tooke, mais l'Américain, talonnant les flancs de son cheval, filait ventre à terre... Simpson, presque oublié, eut le temps d'enfourcher sa monture et disparut à son tour.
Une clameur immense s'éleva vers le ciel. Les lamas se prosternèrent dans la poussière. La désolation s'empara de toutes les âmes. Des cavaliers chinois, faisant partie du cortège, s'élancèrent à la poursuite des ravissseurs.
Mais Will Tooke et Simpson couraient avec
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une vitesse extraordinaire. Les chevaux, encouragés de la voix, frappés dans les flancs à coups de talons, avaient pris un galop eflréné...
Le C^/e^fe s'abattit...
• Vite, vite! cria Simpson, nous sommes poursuivis ! I
Will Tooke descendit de cheval, grimpa sur l'aéronef au moyen d'une échelle de corde que lui jeta Pickerreek, et remit le dalaï-lama à M"* Valdy. Georges Simpson se hissa sur le pont à la force des poignets.
Les cavaliers arrivaient... Mais le Céleste^ reprenant son essor, s'éleva majestueusement, décrivit quelques circonvolutions, passa à plusieurs reprises au-dessus de la forteresse de Potolah et du palais de Bouddha-Lha, et disparut.
Épouvantés, les cavaliers tournèrent bride et revinrent vers la ville. A la stupeur, aux cris de terreur succéda une rage folle. Les lamas déchirèrent leurs vêtements, se meurtrirent le visage avec leurs ongles et tournèrent toute leur colère contre les prisonniers qu'ils détenaient. Cardounet fut violemment arraché du palanquin sur lequel il continuait à poser, et de Dieu qu'il était, il devint captif en compagnie d'Ivan de Kisseloff et de Dernghuiz.
• Ah! sapristi! je préfère ça, • dit le marin. Cependant la foule murmurait et proférait des
menaces ; «lie demandait la mort des prisonniers et réclamait l'honneur de les déchirer en pièces ou de les lapider.