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Chapitre XVII

Dernghuiz, Iwan de KisselofF et Cardounet furent conduits dans la forteresse de Potolah.

« Que veut-on faire de nous? demanda Cardounet.

— Hum! huml répondit le Russe sur un ton significatif.

— Mais vous avez des armes?

— Oui, quatre revolvers et deux poignards.

— Eh bien, mes adorateurs auront du fil à retordre. »

Dernghuiz réfléchissait... Tout à coup, il aperçut le chef des tardjoums qui sortait du Bouddha- Lha, escorté par des officiers. Il pria un des soldats qui le gardaient d^appeler le mandarin; le soldat refusa brutalement.

• Si tu fais ce que je te demande, je te donnerai deux pièces d'or, dit Dernghuiz; çn voici une, tu auras l'autre lorsque le chef des tardjoums sera prévenu.

— Donne, répondit le soldat en se dirigeant vers le Bouddha-Lha.

— Maître, as-tu beaucoup d'or sur toi? continua Dernghuiz.

— Assez. Pourquoi demandes-tu cela?

— Parce qu'il y a un proverbe de ma nation qui dit : « Une clef d'or ouvre toutes les portes. »

— Ce proverbe est de toutes les nations , mon ami.

— Je m'en suis toujours douté. •

Le chef des tardjoums survint. Il reconnut im-

^^9 L^ Conquête de l'Air.

médiatement Demghuiz et lui adressa des reproches.

c Ce n'est pas le moment de discuter, dit Demghuiz ; mes maîtres m'ont blâmé parce que je n'avais point assez généreusement récompensé ta fidélité et tes bons soins pour ce que tu sais. Voici vingt pièces d'or de plus.

— Ils sont donc bien riches, tes maîtres? demanda le mandarin avec une expression cupide.

— Riches et puissants, je te Tai déjà dit ce matin. Quand ils ont appris que nous étions prisonniers, ils ont enlevé le dalaï-lama.

— Ces hommes qui volent dans les airs comme les aigles de nos montagnes, sont tes maîtres?

— Oui ; si on nous respecte, ils ne feront aucun mal au dalai-lama, mais si on nous tue, ils le tueront. Dis cela à tes administrés et aux lamas. •

Le mandarin se tourna vers les gens de sa suite et répéta ce qu'il venait d'entendre.

t Maintenant, continua Dernghuiz, voici la proposition que nous forniulons : on va nous mettre sous ta garde, tu nous accompagneras avec dix de tes hommes et tu nous conduiras dans la campagne, à Tendroit ou le dalaï-lama a été enlevé. Là, j'appellerai mes maîtres...

— Et si tes maîtres ne viennent pas ?

— Ils viendront. Le dalaï-lama qui vogue, sans doute, au-dessus des nuages doit slmpalienter ; il te sera remis aussitôt que nous serons libres. Quant à toi, nous saurons reconnaître tes bons offices et nous les récompenserons. Au nom

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