‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 17 sur 234 · Chapitre IL · texte numérisé non relu

Chapitre IL

suite des explications qu'a données M. Babinet. Sa tentative était hardie, mais imprudente. M. Crocé-Spinelli s'est attaché à décrire les moteurs légers applicables à la navigation aérienne, et il pense qu'une machine de la force de vingt chevaux remplirait toutes les conditions commandées par les exigences de la locomotion atmosphérique^. Le poids serait déjà raisonnable, mais Teau et le combustible tiendraient certainement • une grande place et viendraient ajouter leur poids à celui de la machine. Vous voyez donc, messieurs, qu'il est impossible, momentanément, de mettre en pratique les théories que je viens d'énoncer.

— C'estrélectricité, peut-être, que vous emploierez, interrompit Iwan de KisselofF.

— Non, répondit Valdy, les moteurs électriques coûtent, pèsent beaucoup et leur force est insigni- . fiante. Jusqu'ici, avec un poids de 800 à i^ooo kilogrammes, on n'a pu dépasser quatre à cinq chevaux-vapeur. Pour l'instant, sachez que je me servirai 'd'un agent dont la force est incalculable. Messieurs, notre moteur sera le gaz acide carbonique liquéfié. Si peu qufe vous soyez familiers avec la chimie, vous comprendrez que je, supprime la chaudière, le combustible, et que nous donnons à notre moteur cette légèreté vainement cherchée jusqu'ici.

— Ne craignez-vous pas les explosions ? demanda de KisselofF.

I. Ces lignes étaient écrites avant la douloureuse catastrophe du Zénith.

— Lorsque Tappareil qui nous emportera à travers Tespace, répliqua Valdy, sera construit, vous étudierez les combinaisons que j'ai imaginées pour enipêcher les explosions.

— Nous avons confiance en vous, monsieur Valdy, dit Will Tooke, et si, par malheur, il faut sauter en l'air, eh bien ! nous sauterons ! »

Pickerreek et Cardounet firent entendre un gro- ♦ gnement peu approbatif. Dernghuiz, en véritable philosophe, s'était accroupi dans un coin et dormait tranquillement.

« Messieurs, reprit Valdy, nous allons tracer notre itinéraire. Nous partirons d'Arcachon le i*' septembre prochain ; nous traverserons la France , l'Angleterre, et nous nous dirigerons vers le Groenland en touchant aux îles Faeroé et en Islande.

— Nous n'aurons pas chaud, interrompit Cardounet.

— Ce n'est pas par un caprice de mon esprit que je choisis cette direction. Vous devez comprendre que mon appareil, durant cette première expérience, aura certaines imperfections que je ne connaîtrai définitivement qu'après un laps de temps plus ou moins long. Je ne veux pas vous exposer à faire un plongeon dans la mer. Par une mesure de sûreté que vous apprécierez, je dois m'écarter des terres aussi peu que possible. Primitivement, j'avais résolu de longer les côtes d'Espagne, du Portugal, de l'Afrique, et de m'élancer du Sénégal vers l'Amérique, mais l'espace de mer qui sépare le vieux continent du nouveau monde est trop

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