‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 18 sur 234 · Chapitre II · texte numérisé non relu

Chapitre II

large et n'offre pas assez de points de relâche pour tenter Taventure. En nous dirigeant vers le nord et en nous arrêtant aux Faeroé et en Islande, nous atteignons les terres boréales sans courir de grands dangers. Nous traversons le Groenland, le détroit de Davis, la terre de Cumberland, le canal de Fox, rîle de Southampton, et enfin nous arrivons sur le territoire américain vers la baie Repuise ou rentrée de Chesterfield. De là, nous longeons les côtes du Dominion of Canada en stationnant au fort Churchill. Nous ne pourrions traverser tout le nord de TAmérique sans nous exposer à de vives souffi*ances par suite des froids et des tempêtes de neige, aussi descendrons-nous jusqu'au 40® degré de latitude en prenant Denver, la capitale du Colorado, pour objectif. Nous suivrons le fleuve Nelson, nous passerons sur le lac Winnipeg et nous arriverons à Denver après avoir traversé les immenses plaines qui séparent les coteaux du Missouri du Kansas. Ensuite, nous franchirons les montagnes Rocheuses, nous traverserons le pays des Mormons, le territoire de TOrégon et nous nous aventurerons dans les froides régions de la Colombie anglaise et de la presqu'île d'Alaska. De cette presqu'île, nous gagnerons l'Asie en suivant les îles Aléoutiennes. Du Kamtschatka, nous irons dans le sud de la Sibérie et nous parcourrons toute l'Asie en passant sur le pays des Khalkas, sur le désert de Gobi, le Koukounoor, le Thibet, le Népaul, tout l'Hindoustan pour aborder sur les confins de la presqu'île deGuzerate. Notre besogne

y^ La Conquête de l'Air.

deviendra alors plus facile, car, pour retourner en Europe, nous n'aurons qu'à suivre les côtes du Beloutchistan jusqu'au détroit d'Ormuz, celles dé l'Arabie jusqu'au détroit de Bab-el-Mandeb, celles de l'Abyssinie, de PEgypte, de la régence de Tripoli, et nous arriverons en Algérie, puis en Espagne, et enfin en France. Vous le voyez, je ne quitte presque pas la terre, et, sauf de rares exceptions, nous nous tiendrons constamment dans les contrées où les hommes ne sauraient nous être hostiles. J'évite surtout les grands centres, les villes importantes, car notre excursion serait alors retardée par la curiosité que nous éveillerions. Maintenant, messieurs, il faut que chacun de nous s'emploie pour déposer, dans les différentes contrées que nous traverserons, de bonnes provisions d'esprit-de-vin, d'acide chlorydrique ou sulfurique et du bicarbonate de soude, agents indispensables pour la fabrication de l'acide carbonique qui nous sera nécessaire. Moi, je m'engage à éta-p blir les dépôts de ces matières aux îles Faeroé, en Islande, au Groenland, en Egypte, en Arabie et en Algérie.

— Moi, dit Will Tooke, j'établirai mes dépôts dans toute l'Amérique et dans les îles Aléoutiennes.

— La Sibérie, la Chine, THindoustan et le Beloutchistan me regardent, ajouta Iwan de KisselofF.

— Surtout, reprit Valdy, ne négligez pas ma dernière recommandation, car de vos soins et de

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