Chapitre II, -jj
votre exactitude dépendront le succès. Peu importe que les divers dépôts de bicarbonate de soude et d'acide chlorydrique soient dans un lieu plutôt que dans un autre. En naviguant dans Tair, une inflexion à exécuter, fïit-elle de 20 , 30 et 40 lieues, est une bagatelle. L'essentiel est que nous trouvions toujours une alimentation suffisante pour mon appareil et que vous précisiez d'une façon absolue les endroits oxi nous pourrons, si je puis l'exprimer ainsi, nous ravitailler. Le reste me regarde, et j'espère que la Providence nous secondera. »
Will Tooke poussa un hurrah! tout américain.
« Monsieur Valdy, dit Iwan de KisselofF, nous traverserons toute TAsie?
— Oui.
— Ne pensez-vous pas qu'un homme ayant vécu la vie des peuplades nomades et connaissant leur langage, nous soit d'une grande utilité?
— Je suis de votre avis.
— J'ai cet homme à votre disposition; c'est un de mes serviteurs, Dernghuiz qui dort, là, dans ce coin.
— Qu'il soit des nôtres. J'agrandirai un peu mon appareil ; il y aura de la place pour tous.
— Dernghuiz! » cria M. de KisselofF!
Le Tatar s'éveilla et courut, ou plutôt, bondit au-devant de son maître.
f Tu vois, lui dit le Russe en sa langue, tn/i ces honunes ; ce sont mes amis, ils deviendrov
tiens. Dans quelque temps nous partirons pour une exploration lointaine où la fatigue et le danger ne nous seront pas épargnés ; promets de leur être dévoué comme tu Tes pour moi. Quand tu seras las, ils te soulageront; quand tu seras en péril, ils te secourront. Comme .toi, ils sont bons et courageux. •
Dernghuiz croisa les mains sur sa poitrine, regarda attentivement Valdy, Will Tooke, Pickerreek, Cardounet, puis, passant devant eux, il inclina la tête :
• Maître, dit-il, je suis l'ami et Tesclave de tes amis.
— Mais, interrompit Cardounet, si Dernghuiz nous accompagne, comment exécutera-t—il les ordres qui lui seront donnés? Il ne nous comprend pas.
— Si, répondit en souriant Iwan de KisselofF; Dernghuiz comprend le langage des signes.
Essayez. »
Cardounet résolut de commencer immédiatement répreuve. Par une pantomime animée, il demanda à boire. Le Tatar disparut et revint bientôt après en portant une carafe pleine d'eau et un verre. Cardounet fit une grimace de mépris, non pour Dernghuiz, mais pour la carafe; Pickerreek se joignit à son compagnon, et jamais, dans aucun théâtre funambulesque , on ne vit Pierrot exécuter, d'une façon plus expressive, les gestes d^un homme qui débouche une bouteille, se verse à boire, regarde avec amour la liqueur