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Chapitre XVIII

Cette réconciliation eut lieu dans le fourré, devant les chasseurs indigènes et étrangers , à quelques pas du tigre qui gisait étendu sur le sol.

— Messieurs, dit Berley, je comprends qu'entre vous il y a eu un dissentiment violent, mais je vous déclare que je suis enchanté de vous voir amis, car en vous (il désigna Iwan de Kisseloft) il y a dans votre caractère une noblesse et une franchise chevaleresques, et en vous (il désigna Georges Simpson) des qualités morales et une hardiesse réfléchie qui dénotent des intelligences supérieures. Messieurs, je crois que vous étiez faits pour vous comprendre et vous aimer. Maintenant, si vous le voulez bien, occupons-nous de la chasse. >

Le tigre tué était un superbe animal ; il appartenait à Tespèce dite tigre royal; sa longueur, depuis le museau jusqu'au bout de la queue, mesurait 2 m. 25 cent. Il avait reçu quatre blessures, mais la peau n'était point trop endommagée, aussi les Béloutchîs s'empressèrent-ils de Técorcher.

Berley ordonna à un Hindou de grimper sur un arbre pour observer les mouvements du second tigre. L'Hindou cria qu'il voyait au loin les herbes s'agiter et que le carnassier fuyait.

f II est inutile de le poursuivre, dit Berley, nous ne l'atteindrions pas ; nos coups de feu l'ont épouvanté. Le tigre n'attaque jamais une troupe d'hommes réunis qui s'avance bruyamment» Il ne

^éa l'A Conquête de VAir.

reviendra ici qu'à Tentrée de la nuit ; mais alon toutes les chances seront pour lui*

— Fuira-t-il bien loin? demanda Valdy.

— Non, si nous ne le poursuivons pas.

— Eh bien, nous allons le chasser avec Taéronef.

— C'est une excellente idée, monsieur, et si vous voulez me permettre de m'embarquer avec vous, je vous certifie que le tigre ne nous échappera pas.

— J'entendais vous le proposer. •

Les Hindous emportèrent le cadavre de leur compatriote et tout le monde sortit du taillis. Valdy, Iwan de Kisseloff et Berley se dirigèrent vers le Céleste. Simpson, Will Tooke et les deux Anglais restèrent avec les indigènes pour surveiller le fourré.

Tout en cheminant, et sur la demande de ses compagnons de route , Berley donna quelques détails sur les tigres.

• Ce sont de redoutables animaux, dit-il, et de dangereux voisins pour Thomme; ils n'habitent pas toujours les jungles et les terrains marécageux, on les rencontre aussi dans les vastes forêts indiennes. Le tigre est le plus grand et le plus robuste de tous les chats ; il rôde principalement le soir, avant et après le coucher du soleil ; il se met à l'affût en se dissimulant dans les buissons sur le bord des fleuves, des routes, des sentiers, près des sources isolées, et lorsqu'il a découvert sa proie, il s'en approche en rampant et fond sur

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