chapitre XIX
temps nécessaire pour prendre un léger repas et les produits chimiques déposés dans la ville.
• Nous avons rapidement marché, dit sir Walter, mais je serais curieux de savoir combien nous avons fait de kilomètres depuis ce matin.
— Cinq cents, répondit Valdy.
— Cinq cents!... Vous m'étonnez!
— C'est notre petite vitesse. Quand nous serons pressés, nous doublerons cette distance dans le même laps de temps.
— Mais c'est merveilleux, et la malle des Indes, et Mercure, le coursier des dieux, et Iris, la messagère aux pieds légers, ne sont que des tortues à côté de nous! »
L'aéronef repartit et continua à suivre la côte ; il franchit le Mouliani, le seul cours d'eau important du Béloutchistan, à peine navigable, mais arrosant une fertile vallée; il passa au-dessus de quelques rares villages, mesquines stations d'une contrée aussi triste, aussi déserte que celle que Ton avait traversée dans la matinée, et arriva sur les bords du détroit d'Ormuz. Il pénétra sur le territoire persan et descendit, au commencement de la soirée, à 2,000 mètres environ de Bender- Abassi.
Bender-Abassi se trouve dans une petite île voisine de la côte du Moghistan. Elle a un bon port et fait un grand commerce avec Bassorah, l'Arabie, les Indes, l'Oman. Sa population est évaluée à 12,000 habitants. Malheureusement le climat y est des plus insalubres et la chaleur très-
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forte. Les Anglais, qui, de jour en jour, deviennent les maîtres de tout le golfe Persique, ont un consut dans cette ville. C'est chez cet agent que se trouvaient déposés le bicarbonate de soude e! l'acide chlorhydrique. Will Tooke, Iwan de KîsselofF et sir Walter se dirigèrent vers Bender- Abassi, traversèrent avec un canot le bras de mer étroit qui la sépare du continent, et allèrent cheî le consul.
Celui-ci fut excessivement surpris.
1 C'est donc une réalité, s'écria-t-îl, et la navigation aérienne existe!
— Oui, répondit sir Walter, elle existe, mon cher compatriote, et devant vous, vous avez Iroii passagers du premier navire aérien qui ait vogné dans l'almosphiire.
— Messieurs, recevez mes félicitations. Je vais immédiatement m'occuper de faire transporter les produits chimiques qui sont en ma possession, et si vous me le permettez, je vous accompagnerai jusqu'à l'endroit où stationne voire merveilleoi appareil.
— Avec plaisir. •
Le consul donna des ordres à ses serviteurs et s'embarqua avec les voyageurs. Quand il fut arrivé, il examina attentivement l'aéronef et laissi échapper de ses lèvres les formules les plm enthousiastes de l'admiration.
Monsieur, dit-il à Valdy, vous avez dépissé Watt, Stephenson et tous les ingénieux esprilî dont s'honore l'Angleterre. Votre découverte reo-