‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 190 sur 234 · Chapitre XIX · texte numérisé non relu

Chapitre XIX

dra d'immenses services à l'humanité, aussi faut-il précieusement la sauvegarder.

— Avons-nous à redouter quelque danger?

— Peut-être. Les populations de cette côte sont ignorantes et fanatiques. Si elles s'aperçoivent de votre venue, elles mettront votre appareil en pièces : d'abord parce que vous êtes chrétiens, ensuite parce que les vieux derviches, leis imans schistes, enfin toute la caste religieuse est ennemie déclarée du progrès.

— Où aller?

— Quittez le Ghermasir (terre chaude), c'est le nom de ce littoral, et rendez- vous dans l'un des nombreux îlots qui encombrent l'entrée du golfe Persique. Vous éviterez ainsi vos ennemis, et peut-être quelque accès de fièvre, car le Ghermasir est très-malsain.

- — J'ai toujours entendu dire que les îles de ces parages sont un repaire de pirates»

— Oh 1 rassurez- vous : les pirates voyagent rarement la nuit. Dans cette partie de la mer, la navigation est excessivement périlleuse et difficile, et puis il y a toujours, embossées dans les passes, deux ou trois frégates anglaises qui surveillent les corsaires et les tiennent en respect. •

On apporta le bicarbonate de soude et Tacide chlorhydrique. Pickerreek, Cardounet et Dernghuiz s'empressèrent de les charger à bord. Valdy remercia le consul anglais des renseignements qu'il lui avait fournis et ordonna le départ.

L'aéronef s'élança dans la direction de la mer.

ha Conduite de l'Aii

traversa l'île Kischm, principale station de li croisière anglaise, et, après quelques évolutioni, il s'abattit sur un îlot désert, nu, aride, entouré de récifs de corail.

( Je pense que nous serons en sûreté sur ce rocher, dit Will Tooke.

— Pour éviter toute surprise, interrompit Valdy, chacun de nous veillera à son tour pendant la nuit. C'est une précaution utile, et qui nous aurait évité bien des désagréments si nous l'avionî prise lorsque nous campions dans les environs de Sou-Tcheou.

— On fera la faction et on ouvrira l'œil, répliqua Cardoiiael, mais pour cela il faut entreletlir, les forces. Cassons une croûte. »

Les voyageurs s'assirent sur leurs talons et firent; une large brèche aux provisions. Les vins offcrispar les officiers d'Aoude éveillèrent la gaieté de Pickerreek et de Cardounet, et sir Walter Donderry, mis en bonne humeur par les saillies dei deux marins, avoua qu'il n'avait jamais pris ua: si bon<epas.

Il faisait une de ces belles soirées orientales â souvent célébrées par Saadi, le chantre des roseï: deChiraz, le poêle inspiré, le Virgile et l'Anacréaa persan. Les teintes bleues du ciel se fondaient aul! points extrêmes de l'horizon, dans les lueurs du crépuscule, et les étoiles, ces (leurs de la nuil, ra-j diées et nuancées par les vapeurs transparentes qW flottaient dans l'atmosphère, scintillaient et élincelaient dans l'intini. La mer calme et limpîd*

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