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Chapitre XIX

chantonnait doucement son refrain éternel, les flots déferlaient avec nonchalance sur les roches couvertes de mollusques aux riches coquilles et d'algues pourprées. On eût dit le soupir d'une fiancée, le bruit étouffé d'un baiser ou le vagissement de Penfant qui s'éveille pour sourire à sa mère.

Sir Walter Donderry, touché par la magnificence de ce spectacle si simple et si grandiose, monologuait ses impressions.

f Fille d'Apollon, disait-il, ô sainte Poésie, inspiratrice céleste qui mets en nous les sentiments du vrai, du beau et du sublime, tu élèves Pâme au-dessus de ces misères où se débat la piètre humanité. Tes élans sont irrésistibles, tes conceptions divines. Tu nous consoles, tu nous fortifies lorsque nous ployons sous le faix des malheurs ; lu e&aoblis tout ce qui nous lie à la terre, cette vallée de larmes, et tu nous fais entrevoir... »

Sir Walter fut interrompu par une détonation.

• Hein I qu'est-ce? demanda-t-il.

— Aux armes ! aux armes ! mille sabords ! cria Pickerreek, nous sommes attaqués !

— Eh bien, murmura sir Walter en prenant une carabiné, voilà qui est fait pour vous ramener à la réalité. >

Et il tira sur une masse noire qui s'agitait au pied des rochers. Le coup dut porter, car on entendit un hurlement et des clameurs furieuses,

t Ce sont des pirates 1 cria Valdy, allons ! tous ensemble!... Feu!.., »

• l'Air.

^^^1 . Les voyageurs déchargèrent leurs armes ^^^H I Et maintenaot prenez les revolvers! i

^^^H Les détonalions retentirent et les balles siffla ^^^f rent. Les pirates hésitèrent; ils n'osaient franchir ^^^1 la pente de la falaise, car ils se trouvaient exposé» ^^H aux projectiles de ceux qu'ils attaqu; ' ^^V > Couchons-nous ventre à terre, dit Picfcerreek, ^^^ et quand les écumeurs de mer se précipiteront sur nous, nous les recevrons et nous échapperons à 1 leurs coups, car dans la nuit ils ne peuvent nous

distinguer.

[ Tout le monde s'allongea sur la roche. Cardons

' net s'avança en rampant pour observer la m*

nœuvre des pirates.

Us étaient une cinquantaine. Trois embarci-

tions, sortes de tartanes en usage dans les archi-

I pels du golfe Persique, les avaient amenés jusqu'à

I l'ilol. Ils se dissimulèrent sous une anfractuosilé

\ contournée par un sentier et se préparèrent à ten-

^^^ ter un assaut. Leur masse noire s'ébranla... Tout ^^^^ à coup on entendit une voix qui criait en anglais! ^^^B ' Ne craignez rien, nous sommes des amis! > ^^H^ Et une détonation formidable éclata. Les pirate) ^^H descendirent, ou plutôt dégringolèrent jusqu'à U ^^g mer, poussèrent des exclamations d'effroi et s'em- I barquèrent tumultueusement au milieu d'une

confusion et d'un désordre inexprimables. Les embarcations s'éloignèrent, mais si rapide que fût leur fuite, elles reçurent encore une volée 1 mitraille qui dut les endommager et tuer un certain nombre d'hommes.

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