chapitre XIX
sont descendus sur Tun des nombreux îlots situés entre Tîle de Kisehm et celle d'Ormuz. Parmi eux se trouve sir Walter Donderry, le gentleman qui a écrit dans le Times cette fameuse lettre... — C'est impossible; sir Walter Donderry a écrit sa lettre en Europe, après le départ de Paéronef. — Oui, mais il est allé le joindre àKouratchi et s'est embarqué dans cette ville. • Le bruit se répandit que le passage de Toiseau gigantesque n'avait rien de surnaturel et que c'était une machine d'invention récente. Tous les fronts se rassérénèrent. Pourtant je remarquai quelque chose d'insolite sur certaines figures de ma connaissance, et j'acquis la certitude qu'il se préparait une expédition destinée à vous piller et à vous tuer. Mon devoir était tout tracé : j'avais un compatriote à protéger, des hommes à sauver, une merveille de la science à garantir contre les impies et sauvages déprédations des barbares, et je résolus de venir moi-même à votre secours. Un autre motif me guidait encore : je voulais serrer vos mains, vous complimenter sur votre hardiesse et examiner de près votre appareil.
« Monsieur le commodore, dit Valdy, nous sommes trop vos obligés pour vous refuser ce qu'il vous plaira d'exiger de nous.
— Pendant la nuit, il ne fallait point songer à croiser dans ces parages avec ma frégate, continua le brave officier, car les récifs sont nombreux et les passes dangereuses. Je fis immédiatement équiper deux chaloupes canonnières munies de quatre
j84 Lj Conquête de lUir.
légères pièces d'ariillerie, moniées par des homi intrépides, et me dirigeai, en faisant un détour^ vers l'îlot où l'on présumait que vous étiez descendus. A deux milles d'ici, j'ai ordonné d'éleindre les feux, afin que rien ne trahît notre venuej et nous avons attendu. J'ai débarqué sur le poii opposé 011 vous ont attaqués les pirates, pourvoi rassurer et éviter une surprise, et maintenant voi savez le reste aussi bien que moi.
— Merci, commodore, dit sir Walter enserras la main à son compatriote; aussitôt que je sei en Europe, l'amirauté conoaltra votre noble courageuse conduite. ■
Désormais rassurés, les voyageurs causère longuement avec le commodore et son entourage racontèrent les incidents de leurs exploration aériennes", fournirent les renseignements techniqui qui leur furent demandés et demandèrent la p« mission de reposer.
< Dormez, dit le commandant, je veillerai. «
Toute la nuit, les chaloupes circulèrent auloB de l'îlot. Des sentinelles, placées sur les point culminants du rocher, tirent le guet; des ronde( commandées par des raidshipmen surveillèrent et service de sûreté si promptcmeni organisé.
Quand les premiers feux de l'aube mallnalff empourprèrent rhorîzon,Valdy, suivi par lecom* modore, inspecta minutieusement l'aéronef.
cune balle n'avait atteint la coque, les peaux parcheminées étaient toujours tendues, la déperdition de l'hydrogène se réduisait à des proportions