‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 194 sur 234 · Chapitre XIX · texte numérisé non relu

Chapitre XIX

infimes. S'il ne survenait aucun accident, on pouvait espérer gagner la France, sans avoir recours aux machines pneumatiques et sans renouveler le gaz. Le commandant de la croisière anglaise serra une dernière fois la main à ceux qu'il avait sauvés et protégés, et Valdy donna le signal du départ.

Le Céleste^ salué par les salves d'artillerie des chaloupes, s'éleva à une faible hauteur et se dirigea vers le sud. En quelques minutes, il atteignit le ras Mussandom, sur le détroit d'Ormuz, et pénétra dans rOman, vaste contrée de la péninsule arabique. Les voyageurs aperçurent Shardjah , ville de 25,000 habitants, grand marché d'esclaves, port du littoral de Dhorrah, désigné autrefois sous le nom de côte des Pirates; puis, quelques champs cultivés, quelques bouquets de palmiers, et enfin le désert dans son afireuse nudité. Aussi loin que portait la vue, on ne distinguait que des monticules sablonneux groupés et étages comme les dunes des landes. L'aéronef franchit le tropique du Cancer. Les rayons du soleil, réfléchis par la couleur blanchâtre des sables, produisaient une chaleur étouffante; Cardounet soutenait qu'on • respirait du feu • . Pour trouver un peu de fraîcheur, Valdy dut monter à 1,500 mètres et continuer sa route en se maintenant à cette altitude. Avec Taide des lunettes, on vit trois ou quatre caravanes se dirigeant, probablement, vers Mascate.

• Sapristi! dit Pickerreek, en essuyant son front ruisselant de sueur, je crois que dans ce satané

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pays, il est préférable de voyager dans les airs que sur terre.

— En effet, répondit sir Walter Donderry, et j'en parle savamment.

— Vous connaissez l'Arabie? dit IwandeKisseloff.

— Un peu, et principalement le sud. Après l'expédition de Palgrave qui parcourut la péninsule du nord-ouest au sud-est, plusieurs Anglais et moi, nous résolûmes de visiter les contrées inexplorées par le célèbre voyageur. Nous, partîmes d'Aden avec l'intention de gagner Mascate en traversant les régions inconnues qui fonnent les déserts de Roba-el-Khaly et d'El-Akkaf, mais nous ne réussîmes pas dans notre entreprise. Après avoir marché pendant quelques journées au delà de Doan, ville de THadramaout, et pénétré dans le Dahna (désert de feu), repoussés par des populations hostiles, pillés par nos gens, malades de la fièvre, privés de tout secours, nous gagnâmes la côte et nous arrivâmes au port de Kechin, exténués, rompus, brisés. Cependant j'ai assez vu, assez souffert et assez étudié pour renseigner ceux qui voudront tenter l'aventure après moi.

— Quand nous aurons le temps, nous la tenterons aériennementy dit Valdy.

— Je vous y engage, car à terre elle présente de sérieuses difficultés, surtout pour les Eiuropéens.

— C'est donc un bien vilain pays? interrompit Cardounet.

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