Chapitre XX
d'entrepôt qui se développe de jour en jour, la population s'occupe presque exclusivement du commerce de la gomme et du café. Il y a trente mille habitants.
Sir Walter Donderry avait déjà séjourné à Aden. Il s^empressa de faire visiter à ses compagnons les immenses citernes construites autrefois par la reine de Saba, et déblayées et agrandies par les ingénieurs modernes. Ce sont de gigantesques cuves de pierre, imperméables, qui contiennent de Teau potable pour plus d'une année. On dirait une œuvre de géants.
Le gouverneur, les officiers de la garnison, les fonctionnaires civils, les cheiks arabes s'empressèrent autour des voyageurs, les complimentèrent et leur ménagèrent une réception splendide* M"® Valdy parut être un phénomène pour les chefs indigènes, car la religion mahométane ravalant,' abaissant la femme, la réduisant à la condition d'esclave et l'abrutissant, ils ne concevaient pas qu'une femme ait eu la hardiesse de s'élancer dans l'atmosphère pour tenter de faire le tour du monde en quarante jours !
Le lendemain, 5 octobre, sir Walter Donderry et Valdy remercièrent, au nom de l'équipage aérien, le gouverneur d'Aden, les officiers, les fonctionnaires, toutes les personnes avec lesquelles ils avaient lié connaissance la veille, et le Céleste partit, salué par les cris frénétiques des nègres et des Arabes et par les vivat enthousiastes des Anglais. Il suivit la côte jusqu'au détroit de Bab-
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el-Mandeb qu'il traversa en passant sur 111e Perim (aux Anglais), et aborda l'Afrique près de la baie d'Asab; alors il inclina vers le nord-ouest pour longer le rivage de la mer Rouge, mais il fut contrarié par un vent d'une certaine force et soufflant du nord.
< Nous n'avancerons pas aussi rapidemem qu'hier, dit Valdy, et cette bise survient mal i propos. I
Sir Walter, qui avait beaucoup voyagé e* Afrique et qui savait beaucoup de choses surs» conditions climatologiques, donna quelques détail» instructifs.
" Dans tous les golfes, dit-il, l'air et les flots sont presque constamment agités. Les causes de cette agitation s'expliquent par le resserrement subit des terres. Dans la mer Rouge, d'autres causes viennent s'ajouter à celle-là; d'abord son peu de profondeur, puis la rareté des cours d'eau qui s'y jettent, et enfin son évaporation. Comprise entre 50 degrés et 12 degrés 40 minutes latitude nord, elle est exposée à un soleil brûlant qui échauffe ses eaux jusqu'à 35 degrés centigrades. L'évaporation est si forte que le golfe arabique se dessécherait en soixante ans si le Bab-el-Mandeb était fermé. Mais un fort courant de la mer des Indes vient combler les vides formés par Tévaporation et remplit incessamment le vaste bassin. Sous l'action combinée de ce courant et de iï chaleur, l'air s'échauffe, se dilate, s'élève vers les régions supérieures, est remplacé par de l'air plm