‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 199 sur 234 · Chapitre XX · texte numérisé non relu

Chapitre XX

dense provenant des contrées septentrionales et produit ce vent du nord qui nous gêne tant^ vent presque permanent et qui rend la navigation périlleuse et pénible. Aussi n'y a-t-il que les bâtiments à vapeur qui puissent facilement parcourir la mer Rouge.

— Dites-moi, sir Walter, demanda Cardounet, pourquoi appelle- t-on ce golfe mer Rouge? L'eau a la couleur des autres mers. Assurément, ce n'est pas que les homards y soient cuits par la chaleur.

— La mer Rouge doit son nom à ses nombreuse bancs de corail, à ses sables roussâtres, et principalement à la présence d'une algue colorée en rouge, à filaments simples réunis par une substance mucilagineuse, nageant à la surface de l'eau, produisant des taches comme des mares de sang et appelée trichodesmium.

— Je vous remercie, sir Walter; votre petit doigt en sait plus long que tout mon corps; je vous interrogerai quand je voudrai apprendre quelque chose.

— A votre aise, mon ami. »

Le Céleste volait péniblement. Valdy essaya de chercher une couche d'air tranquille, mais il rencontra toujours un vent contraire.

f Si cela continue, dit-il, nous serons obligés de descendre.

— Gardez-vous-en bien, fit sir Walter, la côte deSamhara que nous suivons est des plus inhospitalières. C'est la contrée de Dankali composée de

tribus inàépcadsaofes ^ feiiatifpEes ^ peuplée de nègres ignccuits^ grossier^. £ud^. mrtïanK; xiides, Tolears, cmels.

— Cootmaans notre roole. ■

L'aéronef toama, aussi bien que possOile, les sinnosftés montaeases qni fonnent le littoral de Samhara, panrint quelquefois à énier le rent et arriva enfin auprès de la baie de Zonlla, dans la soirée.

TjovlWtl ! Les yeux de Pickerreek et de Cardonnet s'ou>Tirent comme s'ils eussent aperçu quelque chose d'étrange. Ik se les firottèrôit à quatre on cinq reprises pour rendre leur vue plus nette. Était-ce possible > Un mirage trompeur ne se jouait-il pas d'eux > Ils voyaient le drapeau de la France arboré sur un sémaphore et déroulant ses plis au vent I Ils voyaient plusieurs hommes, vêtus de la vareuse bleu foncé, coiffés du petit chapeau ciré si coquet, si crânement posé sur la tète de nos marins I

• Eh I oui, s'écria Valdy qui jouissait de Tétonnement de ses deux compagnons, eh ! oui, c'est la France! c'est la patrie! Zoulla est une de nos possessions depuis 1867.

— Ah! sacré nom d'une bouffarde! exclama Cardounet, ça me rajeunit de dix ans.

— Ah ! capitaine... dit Pickerreek, ces émotions, c'est bête, mais ça vous bouleverse le tempérament. Voilà que j'ai encore failli en avaler ma chique! »

Et les deux marins ne quittèrent plus des yeux ce lambeau de toile aux trois couleurs qui se déta-

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