‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 201 sur 234 · Chapitre XX · texte numérisé non relu

Chapitre XX

personne de nous n'a raisonné cette chose si simple. Il est même probable que nous rencontrerons un courant qui;iioùs viendra en aide. »

La soirée se termina par un punch dont les marins de la station eurent bonne part, puis Penseigne offrit ses appartements aux voyageurs pour les garantir de la fraîcheur de la nuit. Sous ces latitudes, les journées sont très-chaudes, mais les nuits sont quelquefois assez froides.

Le 6 octobre, de fort bonne heure, tout ce qui existait de gens valides dans ZouUa et les environs était sur pied. Le vent soufflait toujours fortement du nord et du nord-ouest.

Compliments, embrassades, poignées de main, souhaits, furent échangés grand nombre de fois, et le Céleste prit enfin son essor. Valdy le dirigea vers rintérieur, et après une demi-heure, il mit le cap au nord. Les prévisions de l'enseigne se réalisaient : Tair était presque calme. Les voyageurs passèrent sur un pays présentant les caractères des régions sahariennes, semé d'oasis nombreuses habitées par les AghaVJ, les Bédaoui, les Bedjas, les Beni-Amer, etc., nègres aux traits européens et proches parents par les mœurs, la religion et les coutumes, des Dankali. Vers dix heures du matin, ils arrivèrent à Souakim.

Depuis le percement de Tithsme de Suez, Souakim a pris une certaine importance. Son port, en face de nombreux îlots de sable, est fréquenté par de petits bâtiments, et son commerce prend de l'extension. Elle est l'ancienne capitale de THa-

400 l^a. Conquête de VAir,

bcch des Turcs, littoral nubien, cédé depuis peu de temps au vice-roi d'Egypte. On j rencontre des Arabes nègres et blanc%, des Egyptiens et quelques Européens. Un de ces derniers, Maltais de liaissance et aubergiste de profession, avait sous sa garde le dépôt de bicarbonate de soude et d'acide chlorhydrique. Moyennant salaire, il s empressa de transporter à bord de l'aéronef les agents chimiques. Le Céleste repartit immédiatement et s'engagea dans Touest en suivant le dix-neuvième degré de lat. N. On allait vers le Dongolah, le cœur de la Nubie.

Le pays sur lequel on passa n'était qu'un immense désert, à l'aspect désolé; des buissons, des mimosas, des touffes d'agoul ou herbe du pèlerin,, des poacées, des panicées, des capparidées aux rameaux piquants, aux calices rugueux, formaient la piètre parure de la vaste solitude. Cependant, on aperçut trois caravanes cheminant sous un ciel de plomb vers la côte. Elles se rendaient dans quelque port pour trafiquer de l'ivoire, de la gomme, de la cire, de la myrrhe, des plumes d'autruche, de la poudre d'or, du musc, contre les produits de l'industrie européenne. Sir Walter Donderry assura que les caravanes se livraient au commerce des esclaves, et que sur leur route elles ne se faisaient aucun scrupule de piller les faibles tribus qu'elles rencontraient. Il est vrai que la réciproque leur était souvent rendue avec usure.

L'aéronef passa sur les ramifications assez éle-

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