‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 214 sur 234 · Chapitre XXI · texte numérisé non relu

Chapitre XXI

« Capitaine, dit-il à Valdy, approchons-nous assez pour qu'on puisse m'entendre. »

L^aéronef effleura la surface de la mer et tourna dans un cercle étroit.

« Essayez de vous enlever, cria Pickerreek , votre salut est dans une nouvelle ascension.

— Nous n'avons plus de lest, répondit un aéronaute.

— Débarrassez-vous de ce que vous avez de plus lourd sur vous. Quittez vos habits, jettez-les à la mer. »

Les deux hommes se déshabillèrent presque complètement et exécutèrent l'ordre de Pickerreek. Aussitôt, le ballon allégé d'un certain poids se redressa, fendit l'air comme une flèche et monta à une hauteur d'environ 1,500 mètres.

f Je comprends » , dit Valdy.

Et il manœuvra pour atteindre l'aérostat.

« Tenons-nous . en dessous, dit Pickerreek, et attendons... >

Après avoir obéi à l'impulsion ascensionnelle, le ballon recommença à descendre, mais lentement et obliquement. Le Céleste l'attendit en lui présentant son avant... Cardounet, Pickerreek, Will Tooke, saisirent la nacelle et la maintinrent en place. Les deux aéronautes, en chemise, en caleçon, quelque peu gelés, mirent pied sur le pont de l'aéronef. Le ballon, complètement dégagé, remonta vers le ciel bleu et disparut. Le Céleste vira de bord et revint s'abattre près de Tripoli.

424 J^^ Conquête de l'Air.

Des applaudissements, des acclamations, des hurrahs frénétiques accueillirent son retour.

Les deux voyageurs, si miraculeusement sauvés ôt tout surpris de leur aventure, regardèrent autour d'eux avec effarement, et ne surent d'abord trouver un mot pour exprimer leur étonnement.

« Mais ce n'est pas un rêve, s'écria enfin l'un d'eux, nous sommes vivants, nous sommes sauvés!

— Eh ! oui, mon vieux, répondit Pickerreek, et vous devez une fière chandelle à l'hasard qui nous a conduits ici aujourd'hui. Vous en devez une autre au capitaine Marcel Valdy qui a inventé une machine pour voler dans les airs, machine auprès de laquelle les locomotives, les bateaux à' vapeur et les ballons ne sont que de la gnognotte. t

Et le brave marin expliqua succinctement et à sa façon tous les fait* relatifs à la navigation aérienne.

— Et vous autres? ajouta-t-il, contez-nous donc un brin pourquoi et comment vous avez lâché vos amarres et avez manqué faire le grand plongeon.

— Je suis aéronaute de profession, répliqua l'homme qui avait déjà parlé, et mon compagnon de voyage est un amateur. Je me suis rendu à Constantine pour opérer une ascension avec mon ballon ro/llgérien^ et ce matin, quand le gonflement par le gaz hydrogène bicarboné a été terminé, nous nous sommes élevés, mon camarade

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