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CHAPITRE III

Préparatifs, — Le contre-maître et le majordome. — La conquête de Pair. — La direction de« aérostats. — Expérience d'Alban.— Plus lourd que Pair. — L'oiseau et l'aviation. — MM. Wilfrid de Fonvielle et Louis Figuier. — L'appareil de navigation. — L'acide carbonique et sa liquéfaction. — Description de l'aéronef. — MM. Glaisher et Tousseoel. — La Société française de navigation aérienne. — Le Céleste,

D'après les derniers épisodes que nous venons de raconter, le lecteur a compris que M"** veuve de Béconnais devint bientôt M"® Marcel Valdy. Mais les douceurs de la lune de miel n'empêchèrent point Marcel de mûrir ses projets. 11 était trop engagé pour reculer. Au reste, il ne cherchait plus à satisfaire les vanités de son amour-propre, mais à réaliser une de ces tentatives scientifiques, une de ces découvertes inattendues qui changent parfois la' face du monde. Il se mit immédiatement à Toeuvre.

Pour être à l'abri des curieux et des importuns, il installa un chantier sur les bords de l'étang H^ Parentis, près de Parentis en Born, village prei perdu dans les Landes, à quelques lieues au , d^Arcachon. Le chemin de fer de Bordeaux

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Bayonne, passant à une courte distance de Parentis, pouvait commodément apporter les matériaux indispensables à la construction de l'appareil. Valdy fit clôturer le chantier avec des croûtes de pin, et n'admit que les ouvriers nécessaires pour le travail commandé. Il est inutile de dire que Pickerreek et Cardounet exerçaient une surveillance des plus actives et chassaient impitoyablement les lanusquets attirés par la curiosité. De plus, ils remplissaient les fonctions importantes, l'un de contre-maître, l'autre de majordome, et s'en acquittaient à la satisfaction de tous.

Pickerreek, que par abréviation on appelait Pick, était de Dunkerque, cette ville où, suivant ses expressions, on naît moussaillon ^V on \\iva2inïi et Ton meurt vieux loup lorsque la mer, assez clémente pour ne point vous ensevelir dans ses abîmes, vous rejette parmi les terriens^ parce que les muscles sont ankylosés, parce que les rhumatismes paralysent tous les membres, parce qu'on est une vieille carcasse que les cachalots dédaigneraient. Pickerreek, disons-nous, était un des types les plus accomplis de ces marins du Nord, qui, sous un flegme apparent, réunissent les solides qualités que doit posséder l'homme de mer. Sa patience et son impassibilité étaient presque proverbiales. Les grains, les sautes de vent, la tempête, le calme, rien ne le surprenait. Fallait-il remplacer le charpentier, fallait-il carguer la voilure lorsque les rafales ployaient lés mâts, il était prêt à tout, et s'acquittait philoso-

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