chapitre III
Cependant Taérostation compte près d'un siècle d'existence, et elle n'a tenu aucune des promesses que Franklin lui-même, cet esprit si sagace et si judicieux, semblait annoncer lorsqu'il disait, en parlant de la montgolfière : f C'est un enfant qui vient de naître! i Aujourd'hui, Tenfant est presque centenaire, et il n'a pas avancé.
Dès le début, on crut à la possibilité de diriger les ballons : Monge, Lalande, Meunier, Guyion de Morveau, Bertholet, pour ne citer que les plus remarquables savants de l'époque, affirmèrent que le problème serait facilement résolu. Leur affirmation vécut ce que vivent les roses, V espace d'un matin. Pourtant les travaux de Meunier sont dignes de remarque. Mais Meunier ne cherchait pas à diriger. Au moyen d'une force ascensionnelle qu'il produisait volontairement, il recherchait les courants atmosphériques qui devaient l'emporter. De là à la direction proprement dite, il y a loin.
Malheureusement, les aéronautes qui vinrent après Meunier imitèrent servilement ses combinaisons sans oser, ou peut-être sans pouvoir s'affranchir des règles qu'il avait tracées. Nous citons les principales tentatives des partisans de la direction des aérostats, tentatives qui n'ont jamais donné un résultat sérieux : en 1788, Scot de Martinville; en 1801, Calais, au jardin Marbeuf; en 18 12, Jacob Deghen, à Paris; en 18 16, Pauly, à Londres; en 1825, Edmond Genêt, à New-York (projet de tentative seulement); en i8r '^--"ic Delcourt et Régnier; en 1834, Leii
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en 1839, Eubriot, à Paris; en 1847^ Dupuis-Delcourt et Van Hecke, à Bruxelles; en 1850, Petin, à Paris, New- York et Mexico; en 1864, Delamarne, à Paris.
Si nous ne parlons des expériences de Blanchard, c'est que nous pensons qu'elles sont suffisamment connues ; cependant nous ne pouvons passer sous silence celle d'Alban, directeur de la fabrique de Javel, et qui parut, un instant, complètement décisive. Alban, avec son associé Vallet et un ouvrier charpentier nommé Truchon, partit de Paris le 24 août 1785 avec un ballon, le Comte d*Q/lrtois. La nacelle était munie d'une forte paire d'ailes, imitant celles d'un moulin à vent, et dont le pivot central, excessivement mobile, s'inclinait verticalement et horizontalement. C'était, à proprement parler, une des premières applications de l'hélice. Par un temps calme, Alban se dirigea àpeu près^ et ses ascensions des 13, 17 et 18 septembre parurent concluantes, mais, le ip, un vent modéré s'étant levé, il fut obligé de se faire remorquer pour revenir au point d'où il était parti (de Saint- Cloud à Javel). Les expériences qui suivirent confirmèrent un insuccès de plus.
La belle expérience de M. GifFard, le 25 septembre 1852, qu'il a répétée depuis, dénote une hardiesse peu commune; mais, ainsi que nous l'avons démontré en invoquant les raisons de M. Babinet, elle ne pouvait réussir. Elle empêchait, tout au plus, la giration du ballon (le ballon de M. Giffard était de forme ovoïde). Nous