‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 27 sur 234 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

croyons fermement qu'il n'est pas nécessaire d'enlever une machine à vapeur dans les airs pour obtenir ce résultat. Récemment, M. Dîipuy de Lôme a préconisé un système à air comprimé qui n'a rien produit. Tout l'art et toute la science des aéronautes ont échoué par une confusion signalée depuis longtemps par Dupuis-Delcourt. « Il faut surtout, a écrit cet auteur, diriger le ballon et non la nacelle^ comme presque'toujours, et trèsplaisamment, on a prétendu le faire. »

Après les chercheurs des courants sont venus les partisans du plus lourd que Tair, et, parmi eux, on a principalement remarqué MM. Nadar, Pline, Ponton d'Amécourt, de la Landelle, etc.; mais ces messieurs se sont trop occupés des organes propulseurs et pas assez des moteurs. Toute la question réside dans la production, ainsi que le disait Valdy, d'un mouvement réunissant une très-grande énergie à une extrême légèreté. Il pensait trouver la force motrice dans les propriétés de Tacide carbonique liquéfié, et bientôt nous expliquerons de quelle manière il entendait s'en servir. Sans contredit, les raisonnements des partisans de l'aviation ont plus servi le problème de l'aéronautique que les expériences faites au moyen des ballons; pourtant Valdy ne rejetait pas entièrement la force ascensionnelle du classique aérostat, mais comme il lui eût été difficile, dans certaines contrées, de se procurer le gaz hydrogène nécessaire, il voulait l'utiliser au départ et opérer ensuite par le vide.

Tous ceux qui se sont occupés de la navigation aérienne ont imaginé des appareils ayant les formes les plus bizarres et les moins étudiées. Cependant Thomme a toujours eu devant les yeux une forme parfaite, la forme par excellence qu'il devait simplement imiter pour avoir quelques chances de succès, f Et maintenant, dit M. Arthur Mangin, si Ton me demande comment je conçois qu'on puisse parvenir à naviguer dans l'air, je montre un oiseau et je réponds : Imitez cela ; construisez un navire dont la densité spécifique soit avec celle de l'air dans le même rapport que celle de cet oiseau. Donnez-lui une forme analogue, et surtout trouvez un moteur capable de remplacer la force musculaire de lanimal et de produire un mouvement d'une énergie et d'une rapidité suffisantes sans nuire à la légèreté de l'appareil, i

Plusieurs savants ont combattu l'aviation qui s'inspirerait directement de Poiseau, et parmi eux nous remarquons principalement deux vaillants esprits, deux vulgarisateurs scientifiques émjnents: ce sont MM. Wilfrid de Fonvielle et Louis Figuier.

« Beaucoup de personnes fort instruites, écrit le premier, confondent la navigation aérienne avec les inventions plus ou moins bizarres des empiriques, qui cherchent un moyen de se diriger dans Tair en imitant les oiseaux; mais le génie humain, qui n'a pas eu besoin de copier les poissons pour dompter les océans, n'aura pas à se faire le plagiaire de la nature pour faire la conquête deTair.»

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