‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 28 sur 234 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

Plût au ciel qu'on se soit toujours fait le plagiaire de la nature. Que de tâtonnements évités ! Que de travaux fructifies! Que de souffrances épargnées! La nature, si inconsciente qu'elle nous paraisse, a pourtant la clef de tous les secrets que rhumanité cherche depuis de longs siècles.

Il est vrai que la navigation naaritime n'imite pas le poisson, mais le poisson nage sous la surface de l'eau, tandis que le navire vogue en n'immergeant que la carène ; tout ce qui est au-dessus de la ligne de flottaison se trouve dans l'air. Quoi qu'en dise M. Wilfrid de Foflvielle , il a bien fallu imiter la nature qui offrait un parfait modèle de construction navale lorsqu'elle a mis sous nos yeux le modeste palmipède. Le pingouin, le manchot se servant de leurs moignons comme d'une paire de nageoires, ce sont les trirèmes, les galères marchant à force de rames ; le cygne élégant et gracieux, fendant rapidement les ondes en s'aidantdu vent qui vient s'engouffrer dans ses ailes entr'ouvertes, c'est le fin voilier, c'est l'immense clipper présentant toute sa voilure au courant atmosphérique et luttant de vitesse avec le steamer mû par la vapeur. Toutes les fois que l'homme, nouveau Glaucus, a voulu explorer la profondeur des abîmes, il a été obligé d'imiter le poisson. Les bateaux sous-marins ne sauraient et ne pourraient avoir d'autre forme. Celui de M. Villeroy, qui réalise jusqu'ici les meilleures conditions nautiques^ est un véritable poisson métallique.

Voici maintenant ce que ditM. Louis Figuier:

f Les défenseurs enthousiastes de Vaéronef de M. Ponton d'Amécourt posent en principe qu'il faut, pour lutter contre Tair, être plus lourd que Tair, et ils citent en exemple l'oiseau. L'argument ne nous paraît pas décisif. Sans doute Poiseau en repos est plus lourd que Tair, mais qui a pesé rhirondelle, au moment où elle plane dans les cieux? Les poumons des oiseaux se prolongent dans la plus grande partie de Tabdomen ; leurs os sont criblés de canaux aériens, tout leur corps renferme une infinité de petites cavités, de poches membraneuses à valvules. Toutes ces cavités se dilatent et se remplissent d'air chaud pendant le vol. En outre, leurs plumes fonctionnent comme de petites montgolfières, si bien que le poids spécifique de l'oiseau change considérablement par cette insufflation d'air chaud et léger à travers leur corps tout entier. Enfin, la grande surface de leurs ailes, déployées horizontalement, présente une résistance relativement considérable, si on la compare au poids des muscles qui représentent l'appareil moteur. Il est donc permis d'avancer, en dépit de l'affirmation contraire de la nouvelle école, et conformément à l'opinion des physiciens et des physiologistes du siècle dernier, que l'oiseau en mouvement est presque aussi léger que l'air, i

M. Louis Figuier ne développe que des raisonnements théoriques. Cependant tous les ornitho^logistes sérieux : Charles Bonaparte , Bresson , Gmelin, Vieillot, Lesson, Wilson , Audubon, Temminck, Toussenel, etc., racontent des faits

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