chapitre III
qui démentent absolument la théorie de M. Louis Figuier. Ils nous apprennent que les rapaces sanguinaires fondent sur leur proie, Fétreignent de leurs serres puissantes et la transportent dans leur aire, voisine de la nue. Audubon, ce merveilleux observateur, qui a passé une partie de son existence au fond des sombres forêts, a vu le farouche gypaète et le hardi pygargue élever dans les airs, à de grandes hauteurs, le corps inanimé d'une dinde sauvage, d'un cygne, d'un agneau pesant jusqu'à quarante livres. Il ne disconvient pas que le vol ne fût plus pénible et plus lourd, mais enfin l'oiseau transportant un fardeau, n'était plus dans son état normal, et nous croyons fermement qu'il était alors plus lourd, et bien plus lourd que Tair *.
Quelques naturalistes pensent que l'oiseau pèse environ cinq à six cents fois plus que le volume d'air qu'il déplace. Nous sommes un peu de cet avis ; seulement, l'erreur de la plupart des inventeurs en aviation provient d'une cause bien simple. Ils ont presque toujours essayé de donner aux propulseurs qu'ils imaginaient une force ascensionnelle verticale. En vertu du principe d'Archimède, le ballon possède au plus haut degré cette force, mais l'oiseau en est complètement dépourvu. Nous ne comptons pas le léger effort qu'il fait en quittant la terre pour prendre son vol, car c'est un élan^ un saut. En revanche, il pos-
i. Au chapitre VII, nous citons de nombreux exemples d'enlèvements d'enfants par les aigles.
sède cette force de projection horizontale , de glissement^ qui lui permet d'attaquer l'air obliquement, et que M. Alphonse Penaud, après de sérieuses recherches et de savants calculs, regarde comme la clef de la navigation aérienne.
Marcel Valdy avait compris tous les avantages d'un appareil semblable à Toiseau, et dans sa construction il employait les matières les plus légères, principalement le liège, la soie, le caoutchouc, Taluminium. Son mariage l'avait enrichi et il n'était plus effrayé par les dépenses qu'il devait faire. Le manque de capitaux entrave souvent les meilleurs projets, et tout inventeur est heureux lorsqu'il n'a point besoin de recourir* à des commanditaires, à des actionnaires qui, en échange de leur argent, croient avoir le droit de tout commenter et de tout diriger.
L'appareil construit, qu'est-ce qui remplacerait cette force musculaire dont est pourvu l'oiseau? Nous l'avons déjà dit, les moteurs électriques ne disposent que d'une force insignifiante, et ceux à vapeur sont excessivement lourds; ensuite, leur poids s'accroît de la quantité d*eau et de combustible qui sert à les activer. Valdy songea alors à l'emploi du gaz acide carbonique liquéfié.
On sait que le gaz acide carbonique est exhalé dans la respiration des animaux et qu'il est absorbé par les plantes, sans quoi l'atmosphère se vicierait; on sait aussi qu'il existe des sources d'à-