‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 31 sur 234 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

cette éprouvette reste verticale, il n'y a ni mélange ni dégagement. Aussitôt que le générateur est fermé avec un bouchon métallique à vis, on Tincline peu à peu en le faisant tourner sur le pivot qui le supporte; l'acide sulfurique se mêle au bicarbonate de soude et à Teau, et la réaction commence aussitôt. Le gaz acide carbonique se dégage immédiatement; mais comme son volume est cent à cent cinquante fois plus grand que l'intérieur du générateur, il se comprime et se liquéfie. Cette opération chimique élève le générateur à une température supérieure à celle du récepteur; aussi, au moyen du tube qui fait communiquer ensemble les deux cylindres, le gaz acide carbonique liquéfié distille du récipient chaud au récipient froid et reste dans le récepteur pur de tout mélange. On ferme la communication ouverte par le tube métallique, on découvre le générateur et Ton recommence. On obtient ainsi, suivant la capacité du récepteur, autant de litres d'acide carbonique qu'on en désire.

Cette expérience présente de sérieux dangers et doit être prudemment faite, car l'acide carbonique liquéfié est surmonté d'une pression de cinquante atmosphères, et les récipients peuvent éclater et projeter leurs éclats au loin comme une bombe. Plusieurs chimistes ont été tués ou blessés ainsi. . Le générateur et le récepteur sont ordinairement deux cylindres en fonte renforcés par des cercles et des barreaux de fer forgé. Aussi sont-ils très-lourds. Afin de leur donner plus de légè-

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reté et de leur conserver la même solidité, Valdy, suivant l'exemple d'un éminent chimiste, M. Donny, les construisait en bronze d'aluminium sur lequel il superposait des matières feutrées qu'il entourait de cercles d'acier. Afin de prévenir les explosions, il plaçait ces dangereux instruments dans un bassin de tôle rempli d'eau et entouré de linges mouillés.

Le récepteur! Voilà donc la chaudière, mais une chaudière sans une large surface de chauffe, sans disposition tubulaire, sans bouilleurs, sans foyer, réduite enfin à sa plus simple expression et disposant d'une force immense. Pour la transmission du mouvement, il ne fallait qu'imiter la machine à vapeur, et Valdy agissait aitisi.

L'acide carbonique ne peut être tiré du récepteur à l'état liquide; aussitôt qu'il est mis en communication avec l'air, il tend à reprendre sa forme primitive, s'élance en jet de gaz, enlève la chaleur au milieu ambiant et produit un abaissement considérable de température. Cette subite expansion lui donne une force élastique formidable, et rien n'est plus facile que de la conduire dans un cylindre muni d'un piston, d'un tiroir ou distributeur, manœuvrant enfin de la même façon que les pistons des machines à vapeur.

Nous avons dit que Valdy donnait à son navire aérien la forme de l'oiseau. En effet, c'était un gigantesque ballon ovoïde de 40 mètres de longueur, solidement construit en plaques de liège et

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