‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 32 sur 234 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

de mélèze, retenues entre elles par des lames' d'aluminium. Le vernis employé pour les aérostats recouvrait extérieurement et intérieurement Tenveloppe de manière à la rendre imperméable. L'emploi du liège et du mélèze s'expliquait à cause de leurs propriétés caractéristiques, qui sont pour le premier : la légèreté due à son tissu cellulaire, rélasticité des parois de cellules, Timperméabilité qui résulte de la non-communication d'une cellule à une autre; et, pour le second : sa résistance à l'action de l'air et de l'humidité, sa légèreté, puisque son poids spécifique n'est que de 0,628. Le dessus du ballon n'était que peu bombé, car à cette partie supérieure se devaient placer les voyageurs, les divers appareils moteurs, deux fortes machines pneumatiques, les instruments nécessaires aux observations scientifiques et à la sécurité de réquipage. Il est inutile d'ajouter qu'une rampe en osier et en corde entourait cette partie supérieure, afin d'offrir une protection efficace contre les chutes, et que six tiges métalliques à coulisses supportaient la masse du ballon. On pouvait ainsi l'élever ou l'abaisser à volonté.

Deux ailes immenses pivotaient dans le sens vertical autour d'une armature métallique disposée dans le haut de cette espèce de carène aux flancs vides que nous venons de décrire. C'était dans la construction et la disposition de ces ailes que l'ingéniosité de Valdy avait pu surtout se développer. Elles étaient longues dé 40 mètres chacune et présentaient à l'air une surface de 800

mètres carrés, soit i,6oo mètres pour Tappareil, non compris la masse du ballon. Il ne faut point s'étonner de ces chiffres. Nous sommes convaincu que Taviation ne saurait passer de la théorie à la pratique si on emploie des appareils d'une surface réduite. Archytas et quelques mécaniciens ont bien construit des oiseaux, des insectes artificiels qui s'élevaient dans les airs, mais la légèreté spécifique de leurs automates les servait presque autant que les ressorts ingénieux qui donnaient le mouvement, mouvement sans continuité comme en ont tous les jouets. Du reste, les aéronautes eux-mêmes ont compris depuis longtemps que, pour naviguer dans Tair, il fallait employer de véritables vaisseaux aux colossales dimensions. Pour s'en convaincre, on n'a qu'à consulter le curieux rapport de Dupuis-Delcourt sur Vapplication de Vart aérostatique aux transports par air, présenté au ministre de l'intérieur le i6 mai 1845, des ouvrages de MM. Farcot, de Lalandélie, etc. Et, après tout, qu'est-ce donc une longueur, ou plutôt une envergure d'une centaine de mètres pour un appareil destiné à tenter une épreuve décisive en aviation? N'a-t-on pas vu des aérostats gigantesques? Le Flesselles avait 40 mètres de diamètre , le Géant autant, et ils cubaient 6,000 mètres chacun !

Afin de ne point prolonger cette digression, nous ne décrirons pas ici la merveilleuse structure des organes du mouvement chez l'oiseau. Il nous

Page 1