‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 36 sur 234 · Chapitre III · texte numérisé non relu

Chapitre III

Dans la construction des ailes, Valdy employait les matières les plus malléables et les plus légères, principalement la soie et Taluminium ; leur partie inférieure était concave et la flexibilité neutralisée par des attaches disposées de loin en loin, comme les tiges d'acier d^une ombrelle. Pour diriger cette masse, ou plutôt cette large superficie, cet aéroplane, en un mot, il fallait un gouvernail. Valdy, copiant toujours la nature qui fait bien ce qu'elle fait, remplaçait les plumes rectrices de Toiseau par un châssis de toile placé à l'arrière de son appareil. En outre, il ajoutait un cadre vertical, véritable gouvernail qui opérait tous les changements de direction, tandis que le premier servait à accélérer la descente ou lamentée.

Vers le 20 août, l'appareil aérien était terminé. Pickerreek et Cardounet voulurent le baptiser et lui donner un de ces noms ronflants si fort en usage dans les marines de guerre, mais Valdy l'appela simplement le Céleste. On n'embarqua • que les instruments indispensables : boussoles , baromètres , thermomètres , hygromètres , sextants, etc., etc., et il fut convenu, afin de ne pas se surcharger, que les voyageurs n'emporteraient point de bagages , sauf quelques couvertures épaisses, et qu'ils achèteraient en route leur linge de rechange. Quant à l'approvisionnement, il devait être des moins encombrants et pris pour deux à trois jours au plus.

Les ouvriers employés par Valdy ne surent jamais à quoi était destinée la machine qu'ils

construisaient. Comme ils étaient parfaitement traités et bien payés, ils ne s'inquiétèrent nullement du travail qu'on leur commandait.

A Arcachon, on ignorait les divers préparatifs de Valdy. Si les étrangers et les voyageurs entendirent parler, par hasard, d'un atelier presque perdu au fond de la lande, près de Parentis en Born, ils crurent qu'il s'agissait d'une scierie mécanique montée pour débiter des pins.

On n'avait donc qu'à attendre patiemment le i®^ septembre.

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