‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 42 sur 234 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

dentellement à terre ne peuvent s'élever s'ils ne rencontrent une inégalité, un accident de terrain. En donnant de grandes dimensions à la surface des ailes, Valdy pensait avoir une force ascensionnelle plus grande, mais cette combinaison lui dérobait à terre une partie de Tair destiné à la créer.' Dans son ouvrage traitant de la locomotion aérienne, M. Marey condamne formellement les surfaces trop étendues en s'appuyant sur les expériences et les^ calculs de M. de Lucy. « En effet, dit-il, si nous supposons deux objets de même forme, deux cubes, par exemple, dont l'un serait deux fois aussi grand que l'autre (en diamètre), chacune des faces du grand cube sera quatre fois aussi grande que celle du petit; enfin le poids du grand cube sera huit fois celui du petit. Ainsi pour tous les solides géométriquement semblables, les dimensions linéaires étant dans un certain rapport, les surfaces croîtront comme les carrés et les poids comme les cubes de ce rapport. Deux oiseaux semblables de forme, mais dont l'un sera deux fois plus large d'envergure que l'autre, auront des surfaces d'ailes dans le rapport de t à 4, et des poids dans le rapport de i à 8.

« Le docteur Hureau de Villeneuve, s'appuyant sur ces considérations, a cherché à déterminer la surface d'aile qui pourrait faire voler une chauvesouris dont le poids serait celui d'un homme ; il a trouvé que chacune des ailes n'aurait pas trois mètres de longueur. 1

Après tout, il était préférable que les ailes du

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Céleste eussent une étendue plus grande que celle relative à son poids, car elle pouvait faciliter le vol planant et ménager la force motrice. Valdy fît ces réflexions à parte et revint prendre son poste au gouvernail. Grâce aux six tiges métalliques à rainures qui supportaient la masse du ballon, il fut aisé de lui donner quelques mètres de plus d'élévation. Valdy répéta ses commandements et cria d'une voix de tonnerre :

f En avant!... »

Aussitôt les ailes s'agitèrent et le Céleste s'ébranla... D'abord il rasa la terre et avança doucement dans la direction de Tétang de Parentis, mais Valdy ayant donné au gouvernail un mouvement de haut-en-bas, Timmense machine s'inclina légèrement à Tarrière et prit une propulsion plus rapide... Ce fut un spectacle grandiose, magique, sublime et qui ne saurait se décrire...

Dambielle était ébahi, sir Walter Dondeny laissa échapper de ses lèvres toutes les exclamations de la surprise et de Tadmiration. Un instant, son étonnement se traduisit par les gestes les plus inconcevables; si sérieux et si Anglais qu'il fût, il prit son chapeau et le jeta en l'air. Cet étrange et dernier adieu fut compris; les voyageurs y répondirent par un formidable hurrah ! et Cardounet, qui, en toutes choses, aimait le décorum, déploya au vent un large drapeau aux couleurs de la France !

Le Céleste montait, montait et avançait dans l'espace. D'abord, il exécuta quelques mouve-

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