chapitre V
64^,5 par heure; le Garibaldi, 9^^'i'y\ ^'Égalité, 87*^,42; la Ville-d'Orléans y 93>^'>33\ ^^ Volta^ 6^^^o,^\ le Steenakeers^ iip*',33 ; et enfin, la République-Universelle ^ 132 kilomètres.
— C'est bien marcher, dit Pickerreek.
— Cette vitesse n'est rien, comparée à celle qu'atteignent certains oiseaux. Le faucon , le martinet enlèvent leurs 80 lieues à Theure. Vous m'entendez, 80 lieues! Supposez un instant que ces animaux n'aient besoin de prendre ni repos ni nourriture et voulussent voler droit devant eux, ils parcourraient toutes les vingt- quatre heures 1 ,920 lieues, soit 7,680 kilomètres ! Il leur faudrait un peu moins de cinq jours pour faire le tour de la terre en passant par les deux pôles !
— Croyez-vous que l'homme puisse jamais lutter avec les oiseaux ?
— Pourquoi pas? Sa puissance, quoique limitée, est un manifeste de celle de Dieu, et personne ne connaît les prodiges qu'elle réalisera. Je n'entends point afiîrmer que le tour du monde s'exécutera en cinq jours, car les vents contraires, les tempêtes imprévues, des catastrophes inévitables enrayeront ou arrêteront le vol des aéronefs; mais je prétends que notre vitesse d'aujourd'hui est très-secondaire et qu'elle peut facilement doubler, sinon tripler. L'homme a vaincu les plus légers coureurs terrestres ; il lutte avec les squales et les cétacés aux fortes nageoires, le jour viendra où il défiera l'oiseau aux champs de l'empyrce et le vaincra peut-être.
— Espérons-le pour la confusion de M. Harry Catien, dit Iwan de Kisseloff.
— Vous ne paraissez guère aimer les Anglais, interrompit M""® Valdy.
— Je les déteste.
— Cependant Taccueil des braves gens des Sorlingues devrait atténuer TefFet de vos préventions.
— Oh! madame, les habitants des îles Scilly ne sont pas des Anglais ; ils appartiennent à la famille celtique, et sont un peu vos compatriotes.
— En tous cas, s'ils sont de la même famille que nous , la parenté date de loin.
— Ne croyez pas, madame, que la conquête ait détruit leur nationalité. Sous une nature d'apparence grossière et rugueuse, ils cachent des sentiments honnêtes, simples et bons, tandis que l'Anglais, le véritable Anglais, est bouffi de suffisance et d'orgueil. C'est un dindon qui fait constamment la roue I
— Monsieur de Kisseloff, vous êtes injuste et...
— Madame , ne parlez plus des Anglais à M. le conite, interrompit Pickerreek, ça l'agace... •
Et mentalement, il ajouta :
t Sapristi ! nous saurons pourquoi. »
L'heure de sommeiller arriva. Le gardien du phare offrit sa meilleure chambre à M'"® Valdy; les hommes, après avoir dressé une voile en forme de tente sur le pont du Céleste^ étendirent leurs couvertures, se couchèrent côte à côte, comme des soldats campés et s'endormirent. Le lendemain