‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 68 sur 234 · Chapitre VII · texte numérisé non relu

Chapitre VII

lots vont à terre, circulent dans la rué, se mêlent aux indigènes; c'est une véritable foire qui dure jusqu'aux premiers frimas.

Vers la fin d'août et le commencement de septembre, les navires se préparent pour le départ, chassés, non par la rigueur de la température, qui se maintient encore à plus de 5 degrés centigrades, mais par les prévisions des tempêtes de l'équinoxe qui, dans ces parages, sont furieuses et terribles. L'hiver est assez doux à Hammerfest; une branche du Gulf-Stream contourne et baigne les côtes de la Finmark ; jamais la mer n'y gèle, et rarement le thermomètre descend à moins de 8 degrés centigrades. Le 4 septembre, il restait encore dans le port deux bricks et trois goélettes. Aussitôt que l'arrivée du Céleste fut connue, les habitants de la ville, des Lapons campés sur une hauteur voisine, les équipages des navires accoururent pour satisfaire leur curiosité. Valdy s'enquit des ressources qui pouvaient lui être fournies, et il sut bien vite qu'il ne trouverait à Hammerfest ni acide chlorhydrique ni bicarbonate de soude. Que faire? Le plus commode et le plus sûr était de s'embarquer à bord d'un brick en partance pour Bergen et de regagner la France.

Harry Catien , esquire , allait empocher 100,000 francs et bien rire de la témérité des voyageurs! Cette idée exaspérait Iwan de KisselofF, Pickerreek et Cardounet.

« Nous regagnerons le temps perdu, si nous le voulons, dit ce dernier. Puisque le vent a soufflé

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de Touest, il tournera bientôt à Test; ce sera la revanche de la tempête d'hier. Nous profiterons du moment où les rafales seront le plus violentes, et vogue la galère ! Nous débarquerons en Amérique en moins de quinze heures!

— Le remède est pire que le mal, interrompit Valdy en souriant, et )e ne l'emploierai pas. •

Heureusement, il se trouvait à Hammerfest un prépose d'une fonderie anglaise arrivant de Kaatliord. Il causa longuement avec Will Tooke et l'assura qu'on se procurerait une grande quantité d'acide sulfurique si le Céleste se transportait à Kaatfiord. Quant au bicarbonate de soude, il n en existait pas. L'Américain transmit ces renseignements à Valdy, et celui-ci ordonna immédiatement le départ.

« Je pense que nous continuerons notre route sans encombre, dit-il, quand nous aurons à notre disposition de l'acide sulfurique. Ce réactif énergique nous aidera à remplacer l'élément qui nous manque pour la fabrication de l'acide carbonique. »

Le Céleste s'éleva de nouveau, salué par les vivat de la foule, et disparut dans la direction de Kaatfiord. Pour la première fois, depuis leur passage à North-Ronaldshay, les voyageurs aperçurent des arbres, des conifères isolés et comme enfouis dans le fond des vallées, puis réunis sur la pente des montagnes et formant ces immenses forêts qui sont la richesse des régions circumpolaires. La teinte vert-sombre des sapins, qui a

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