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mais il a réagi par le travail. A la femme qui Ta dédaigné, il veut montrer que le talent vaut mieux qu'un titre et qu'une fortune. Qui sait si le fruit de ses veilles et de ses insomnies ne se manifestera pas par une invention qui étonnera Thumanité entière?
— Votre enthousiasme est grand, monsieur de KisselofF, et je crains qu'il ne soit une approbation tacite des projets de Valdy.
— C'est vrai ; Tétrangeté, l'imprévu de sa proposition ont \dvement frappé mon esprit, et maintenant, au lieu de le désabuser, je serais le premier à l'encourager.
— Mais c'est de Thuile que vous répandrez sur du feu.
— Qu'importe ! Demain, je prierai M. Valdy de m'agréer pour compagnon de voyage. S'il consent, il peut compter sur un dévouement à toute épreuve et sur une reconnaissance qui ne finira qu'avec ma vie.
— Il vous entraînera dans une aventure périlleuse peut-être...
— Où serait donc le mérite du triomphe s'il n'y avait pas des dangers à braver et des obstacles à surmonter? J'accompagnerai M. Valdy et... cependant j'imposerai une condition.
— Laquelle ?
— C'est que parmi nous, il n'y aura pas d'Anglais.
— Est-ce que Harry Catien, esquire, vous a dégoûté de ses compatriotes?
14 * La Conquête de VAir,
— Les Anglais dtit toutes les prétentions. Il faut leur montrer qu'on peut faire sans eux et mieux qu'eux.
— Si vous échouez, ils riront de vous et*., et ils vous gagneront votre argent, car je suppose que vous parierez avec Valdy.
— Ma fortune est à la disposition de votre ami.
— Vous êtes aussi mauvaise tête que lui, monsieur de KisselofF, mais votre cœur est bon. Permetlez-moi de vous serrer la main.
— Avec plaisir. »
Les deux jeunes gens se promenèrent encore un moment en causant de choses insignifiantes et rentrèrent pour se coucher. Mais, avant de se séparer, ils entendirent Harry Catien, esquire, s^écrier :
« Dans tout le Royaume-Uni, il n'existe personne d'aussi fou que M. Valdy. Demain, je parierai... et je gagnerai.
— Peut-être ! » répliqua le Russe.
Je n'oserais affirmer que M. de KisselofF dormit sans rêves et sans trouble. Dès Taube naissante, il frappait discrètement à la porte de la chambre occupée par Valdy.
« Entrez! » cria celui-ci.
Valdy reçut son matinal visiteur dans un appareil des plus simples. Trois ou quatre cartes étaient étendues devant lui, et, à défaut de compas, il mesurait certaines distances avec un mètre gradué. On voyait qu'il avait sacrifié une partie de la nuit à des études géographiques.