Chapitre I, i
« Je VOUS demande pardon de vous déranger, dit M. de KisselofF, mais il y a plus de deux heures que j'attendais impatiemment le jour.
Votre proposition d'hier m'a préoccupé, et...
— Et vous doutez aussi, n'est-ce pas?
— Au contraire; j'ai la plus entière confiance en vous. Du reste, je vais m'expliquer sans détours. Je suis le. comte Iwan de KisselofF, Tun des officiers d'ordonnance du ministre de la guerre de Russie; j'ai 25,000 roubles de rente % et je viens mettre à votre disposition ma fortune et ma personne. •
Si fantasque, et, disons le mot, si original que fût Valdy, il ne put maîtriser son étonnement et s'empêcher de regarder avec surprise son interlocuteur.
f Eh bien, monsieur, demanda le Russe, acceptez-vous ?
— Monsieur de KisselofF, répondit Valdy, la spontanéité de votre généreuse proposition m'émeut, mais je ne dois, je ne puis vous entraîner à votre perte. Suis-je certain de réussir ?
— Oui, car vous avez foi en votre œuvre.
— C'est vrai, j'ai la foi, mais j'ai aussi la résignation. Quand je serai parti, peut-être ne me reverra-t-on plus.
— Vous n'avez point présenté toutes ces objections à M. Will Tooke.
— M. Will Tooke est plus âgé que vous; puis,