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Chapitre VII

« Mes amis, dit-il à ses compagnons, notre bonne volonté, notre énergie vaincront tous les obstacles. Monsieur de KisselofF, rassurez -vous; M. Harry Catien ne se gaussera pas de notre œuvre et perdra son pari. Ce soir, nous serons à Drontheim, et là nous trouverons les ressources qui nous ont fait défaut dans la Finmark. Ensuite nous nous élancerons vers les îles Shetland, nous prendrons l'acide chlorhydrique et le bicarbonate de soude qui y sont déposés et que nous laissions derrière nous. Alors nous revenons dans les conditions normales de notre voyage, et, s'il plaît à Dieu, nous regagnerons le temps perdu. »

Ce court^yeec^ fut joyeusement accueilli. Quelques minutes après, le Céleste prit son essor et se dirigea vers la mer afin d'éviter les ramifications assez élevées des monts Kiœlen.

Les voyageurs admirèrent la côte norwégienne parsemée de rochers gigantesques, d'îles nombreuses, découpée par les fiords et les estuaires comme une immense dentelle. L'aéronef ne dépassa point la hauteur de 500 mètres et se tint toujours au plus près du vent. La contrée qu'il traversa ne présentait rien de remarquable. Des forêts sombres, entrecoupées de ravines aux cascades écumantes, des prairies où paissaient des moutons et des rennes, des plaines arides, çà et là, des bourgades, des maisons de bois ayant un jardin potager sur la toiture, des lacs entourés de verdure, tel était Taspect du pays (Nordland) depuis Kaatfiord jusqu'à Drontheim.

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Il faisait presque nuit lorsque le Céleste arriva au-dessus de cette dernière ville. Il s'abattit sur un promontoire, près de la gare du chemin de fer qjui relie les préfectures (stiftsamter) de Nordre- Drontheim et de Saendre-Drontheim avec les provinces sud de la Norwége et de la Suède. Malgré l'obscurité, le Céleste fut aperçu exécutant ses manœuvres de descente. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre. Tout Drontheim se transporta auprès de Taéronef, et la population salua d'acclamations enthousiastes le pavillon français que Cardounet déploya.

La France ! la belle France ! ainsi que l'appellent les Norwégiens, trouve, dans les froids pays du Nord, une sympathie traditionnelle que ses récents malheurs ont augmenté. C'est avec respect, c'est avec amour que Ton parle, là-bas, de la brave et généreuse nation. Et si peu chauvin que l'on soit, on n'est jamais insensible à ces iharques d'attachement; aussi Pickerreek et Cardounet distribuaient de chaleureuses poignées de main, et celui-ci disait :

« Sapristi ! comment serons-nous donc; reçus. quand nous les aurons frottés et que nous leur auront repris Metz et Strasbourg...

— Ah! sacré non! tais-toi, répondait Le premier. Espérons ! Ils ont menacé Dunkerque^ tôt ou tard ils me le payeront !»

Il est inutile de raconter dans tous ses détails la brillante réception des voyageurs. Le soir, une des salles du Kongsgaard (palais du roi) resplen?-.

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