Chapitre VIL
« petite distance. Soudain, un aigle s'abattit et € enleva l'enfant. Pendant longtemps la malheuff reuse femme entendit la pauvre victime criant « dans Tair; mais il n'y avait aucun moyen de lui € porter secours... Bientôt elle ne vit plus rien!... « Peu de temps après elle perdit la raison.
« Au printemps de 1847, ^^ aigle enleva un « garçon de dix ans, dans la commune de Hery- « sur-Alby, dans le canton de Genève. Le jeune « espiègle venait justement de piller un nid, dans « lequel il avait pris des aiglons, et cet acte ff d'agression avait probablement exaspéré le père « et la mère. L'un des deux aigles le saisit immé- « diatement et le déposa sur un rocher à environ « 600 mètres de là. Heureusement, il fut délivré « par des bergers qui accoururenti Le jeune gar- « çon n'avait subi d'autre violence qu'une grave « lacération imprimée par les serres de l'oiseau.
« Moquin-Tandon a communiqué à l'Académie e des sciences, inscriptions et belles-lettres de ff Toulouse (ûTkférn., année 1839-1841) un fait « remarquable qui atteste la force d'un aigle f royal. « Deux petites iîUes du voisinage « d'Alesse, dans le canton de Vaud, l'une âgée « de cinq ans, l'autre de trois, jouaient ensemble, « lorsqu'un aigle de taille médiocre se précipita € sur la première, et, malgré les cris de sa coma pagne, malgré l'arrivée de quelques paysans, <r s'éleva dans les airs. Après d'activés recherches (c sur les rochers des environs, recherches qui « n'eurent d'autre résultat que la découverte
142 Ld Conquête de VAir.
« d'un soulier, d'un bas d'enfant et de Taire de 1 Taigle, au milieu de laquelle étaient seulement <i deux petits, environnés d'un amas énorme d'os- « sements de chèvres et d'agneaux, un berger -r rencontra enfin, près de deux mois après Tévé- « nement, gisant sur un rocher, le cadavre de « renfant, à moitié nu, déchiré, meurtri et dessétr ché. Ce rocher était à une demi-lieue de Ten- « droit où révénement s'était faii ».
— Ces exemples, dit Will Tooke, suffisent pour donner raison aux partisans c du plus lourd que Tair » .
— Et si on attelait quelques aigles aux ballons, ajouta Cardounet, on économiserait sur les frais de navigation aérienne.
— Malheureusement, reprit Valdy, l'éducation de Taigle est très-difficile et les fauconniers y avaient renoncé. Cependant, quelqu'un émit l'idée de Cardounet, c'est un Allenaand nommé Riesner. Ce blond enfant de la Germanie a même publié une brochure à ce sujet. « Il a non-seulement « calculé le nombre d'aigles qu'il faudrait pourain « ballon de grandeur donnée, mais encore il adécrit f le harnachement de ces nouveaux coursiers. »
— Cette idée ne pouvait germer que dans la tête d'un Allemand, dit Pickerreek; aurah-il largué les amures à volonté comme nous le faisons lorsque le vent ne prend pas assez la voile? Quand les lacets ou cordes auraient été tendus, patatras ! voilà les aig'les prenant la direction du fil à plomb. »