chapitre VII
de grandes surfaces de glaciers, des pics entiers se détachèrent de leurs bases et glissèrent sur les flancs de la montagne. Le Snœflods se produisait avec tous ses effets désastreux !
Mais le Céleste était déjà loin ; il dépassa une altitude de 3,000 mètres et franchit la chaîne de montagnes à laquelle se relie TOroefa, Maître Sturssen, un peu rassuré et émerveillé, traduisit son étonnement par des expressions hyperboliques et reprit sa bonne humeur. Sa présence fut utile, car pendant la nuit et dans un pays inconnu, il devenait fort difficile de se guider et d'atterrir; le digne Sysselmand indiqua à Valdy un terrain trèscommode pour la descente. L'aéronef prit terre.
On était à 25 kilomètres environ de TOrcefa, et dans la nuit noire, on distinguait les gerbes éblouissantes qu'il lançait et qui finirent par s'éteindre petit à petit. L'éruption fut passagère. La nature bouleversée par l'activité subite du volcan redevint calme et tranquille. Pickerreek dressa de nouveau la tente, et les uns, pour attendre le jour, les autres, pour oublier les violentes émotions par lesquelles on venait de passer, s'endormirent d'un sommeil de plomb.
La journée du 7 septembre s'annonça tristement, mais non pour maître Sturssen, qui trouvait que l'Islande était le plus beau pays du monde et que son ciel brumeux et terne valait celui de Naples. De grands nuages gris cachaient le soleil; le froid devint assez vif pour nécessiter l'emploi des fourrures. Sur Tordre de Valdy, le Céleste agita sqs
ailes et s'éleva dans la direction de l'ouest afin de se rendre à Reykiawik, Pendant le trajet, qui fut rapide et de courte durée, on ne vit que superficiellement le pays, pays triste, désolé, aride, offrant à la vue une série désordonnée de basaltes^ de laves, d'amas de scories, de débris volcaniques, de conglomérats, de glaciers, de plaines marécageuses, de montagnes stériles.
• Pour bien admirer l'Islande, dit le Sysselmand à Iwan de Kisseloff, il faut la visiter en détail et non grosso modo comme nous le faisons merveilleusement à présent. C'est la contrée la plus curieuse et la plus poétique de la terre « assise entre les glaces du pôle et le feu de l'abîme! i
Et maître Sturssen décrivit avec volubilité les principales curiosités de son île : la gigantesque fissure de l'Almannangia, au fond de laquelle coule la rivière Oxeraa où l'on précipitait autrefois les personnes condamnées à mort pour adultère; la muraille volcanique d'Ilrafnagia; le lac et la plaine de Thingvellir dans laquelle se trouve l'enceinte pçesqu'inabordable oii se tenaient, chaque année, pendant le mois de juillet, les réunions populaires connues sous le nom d'Althing; les cataractes de Stapafoss ; le grand Geyser et le Strockur avec leurs jets d'eau bouillante ; la montagne d'Husaell dans la vallée de Reykholt, dont les cimes sont violettes et les pentes rouges comme du sang; la masse cristalline de spath du Silfiirdœkir (i-uisseau d'argent), transparente, pure et