Chapitre VU
irisée comme la nacre; le cirque basaltique de Dverghamrar; les petits cratères deRaudholar; la grotte de Surtschelliz ; la caverne de Stapi ; la' colline de Kambell surchargée de colonnades qui la font ressembler à une immense cathédrale gothique, et enfin, une foule de choses dont on ne pourrait décrire les merveilles que dans un ouvrage spécial.
Il était environ huit heures du matin lorsque le Céleste arriva à Reykiawick, la capitale de Tlslande.
Reykiawick (baie de la fumée) est bien nommée. C'est nin endroit triste, noirâtre, languissant, à peine peuplé de sept à huit cents habitants, qui demeurent dans des huttes de bois. Les habitations du bailli, de Tévêque et deux ou trois établissements scientifiques peuvent prétendre au titre de • maisons, i et encore sont-ils bien mesquins etbien piètres. Grâce à laloquacité de maître Sturssen, les principaux personnages de Reykiawick furent informés de l'arrivée de Taéronef. Quand on sut qu'il s'était trouvé parmi les passagers, les plus enthousiastes lui firent une ovation et voulurent le porter en triomphe. Mais la modestie du Sysselmand se révolta :
• Quel est donc mon mérite? demanda-t-il ; les vaillants explorateurs des régions aériennes m'ont sauvé la vie, car sans eux je dormirais éternellement sous une couche épaisse de rochers et de glaces. Tout l'honneur revient à l'étranger qui a doté le monde d'une découverte aussi prodi-^ gieuse et a ses courageux compagnons. Je propose
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que la capitale de Tlslande leur fasse une réception quasi-royale; notre pays, qui a toujours été Tami des sciences et du progrès, leur montrera que nous sommes les fils de nos pères et que nous n'avons point dégénéré! »
Ce discours fut vivement applaudi et tout Reykiawick se porta au devant des voyageurs. Au nom de l'Islande, le gouverneur leur offrit une hospitalité princière, mais Valdy refusa de s'arrêter. Il pria M. de KisselofFde traduire ses remerciements. On était en retard et il fallait regagner le temps perdu. Le bicarbonate de soude et Tacide chlorhydrique déposés chez le seul pharmacien qu'il y eût dans Tîle furent apportés à bord du Céleste et Cardounet renouvela les provisions de bouche. Maître Sturssen offrit une véritable cargaison de vivres.
Enfin, après un repos de trois quarts d'heure, on échangea les adieux et l'aéronef prit son essor dans la direction de la mer. Il traversa la grande baie de Faxa, passa presque au-dessus du mont Sneefiels^ célébré par M- Jules Verne dans son • Voyage au centre de la terre, • et courut vers le Groenland, dont on commençait à voir les côtes.
• Marchons rondement, dit Valdy, ces passages sont dangereux, à cause des changements subits de température. »
La pression fut augmentée, les pistons accentuèrent plus vivement leur mouvement et le Céleste javança avec une rapidité extraordinaire. Sa vitesse fut estimée à 150 kilomètres par heure.