‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 81 sur 234 · Chapitre VIII · texte numérisé non relu

Chapitre VIII

le plus grand jusqu'au plus petit, depuis le plus sérieux jusqu'au plus insignifiant, répondirent d'une belle et bonne façon et administrèrent à la littérature allemande une volée de bois vert. Le Constitutionnel t\xt des ardeurs juvéniles et riposta avec cet atticisme et cette verve gauloise que n'aurons jamais les lourds journalistes de la blonde Germanie. Son article se terminait ainsi :

• Les Allemands ne sont pas généreux. Us nous ont vaincus et humiliés ; aujourd'hui, ils nous insultent. Le jour viendra où les rôles seront intervertis, léna a été la revanche de Rosbach, Sedan celle d'Iéna ; mais nous croyons au système des compensations. Alsace et Lorraine, nos sœurs chéries, votre vainqueur, en vous mettant le taloR^ sur la gorge, a proféré ce cri impie : • La force prime le droit, i Alsace et Lorraine, espérez, car nous répondons ceci : • La science prime la force, i

Les journaux anglais discutèrent et disputèrent. Quelques-uns acceptèrent sans arrière-pensée et sans commentaires la possibilité de Taviation, d'autres nièrent effrontément et firent chorus avec leurs confrères d'outre-Rhin. Parmi les premiers, on remarquait le Tintes^ le Morning Q^dvertiser, le Daily News^ le Morning Chronicle^ le Guardian (Manchester), le Liverpool Journal^ le Witness (Edimbourg), le GlasgOîP Courier^ le Lime^ rick Chronicle^ le The London illustrated Nejps^ le Nejps of the World ^ \q Lloyd's nejps paper, le Punch ^ etc., etc. ; et parmi les seconds le Morning Posty le Morning Herald, le Standard, le

15^8 La Conquête de VAlr,

Shipping Galette y V Examiner (Manchester), le Tablet y le Freeman's Journal, le Weekly Times, etc., etc.

Mais les affirmations de témoins oculaires arrivèrent de tous les points du Royaume-Uni, et les lettres encombrèrent les bureaux des journaux les plus lus. Les secrétaires de rédaction eurent un surcroît de travail pour dépouiller la volumineuse correspondance qui leur fut envoyée. Quant aux reporters et 2i\xx pennjr-a-liners, il s'en trouva d'assez osés pour décrire longuement ce qu'ils avaient vu et ce qu'ils n'avaient pas vu ; ils mentaient comme des arracheurs de dents, mais le public bénévole accepte naïvement les racontars de la presse. Enfin, une lettre de sir Walter Donderry vint mettre un terme aux nombreuses contradictions qui surgissaient de la cervelle des journalistes; elle était adressée au Times et conçue ainsi :

• Monsieur le rédacteur,

• Je vous prie d'insérer dans les colonnes de votre journal les communications que je vous transmets, relatives au voyage aérien du Céleste, Aussi incrédule que saint Thomas, j'ai voulu voir pour croire, et j'ai assisté au départ de l'aéronef. Je pense que mes assertions combattront victorieusement les dénégations de certaines gens qui nient systématiquement, comme Basile calomnie.

c Vraiment, je ne sais comment vous dépeindre mon étonnement et mon admiration I

Page 1