Chapitre VIII, i6i
tuelle, si finement railleuse et en même temps si bonne fille, que personne ne songea à voir une offense dans les productions de Cham, Stop, Grevin, Daumier, Draner, Marcelin^ Morland, Humbert, Morin, Hadol, Lafosse, Le Petit, Grafty,etc.
Chaque année, on promène à Paris les bœufs gras. Ces paisibles ruminants sont toujours pompeusement attifés et portent le nom d'un succès artistique ou de la dernière célébrité éclose ; aussi Monselet, le charmant écrivain, le brillant disciple de Brillat-Savarin, a pu dire : Qu'on n'était rien en France si Ton n'avait été bœuf gras ! Aujourd'hui les choses ont un peu changé. Les bœufs gras s'en vont, mais l'esprit gaulois reste, s'érige en souverain et distribue la renommée. U Éclipse, ce vaillant petit journal hebdomadaire, semble être un de ses refuges préférés, grâce à la gaieté quelque peu rabelaisienne de sts rédacteurs et au talent de son principal dessinateur, de Gill, du mordant, de l'éblouissant, de l'abracadabrant Gill. Aussi pouvons-nous hardiment dire : On n'est rien, tant que l'on n'a pas figuré dans la collection de V Éclipse.
Cette dernière gloire ne manqua pas à Valdy.
Gill le représenta muni de deux ailes immenses, volant dans les plus hautes sphères de l'empyrée, parmi les soleils et les étoiles, avec la prétentieuse devise de Fouquet pour légende : Quo non ascendant ? Le succès de cette charge fut prodigieux.
Les Académies s'émurent aussi, mais, selon l'usage antique et solennel, leur enthousiasme ne
i6a La Conquête de VAir,
déborda point. . Elles se prévinrent mutuellement qu'elles délibéreraient en séance publique, qu'elles accorderaient leur haute approbation à la question de l'aviation et qu'elles récompenseraient dignement les premiers voyageurs aériens.
Mieux vaut tard que jamais !
Peu à peu, Tagitation du premier moment se calma et Ton attendit des nouvelles avec impatience.