Chapitre IX
hydrogène, il commanda d'appareiller pour le départ. La boussole restait toujours affolée, mais la vue de Tétoile polaire, qui pâlissait dans les premiers reflets de Taube, détermina la direction à prendre.
Le jour commençait à poindre lorsque le Céleste s'éleva dans l'atmosphère. Aussi loin que portait le regard, on ne distinguait que la neige, prenant sous les premiers feux du? matin les teintes les plus diverses. Quelques compagnies de ptamirgans et d'oies sauvages passèrent au-dessus de l'aéronef qui se maintenait à une altitude de trois cents mètres, et troublèrent, par leurs cris discordants, le silence absolu qui régnait dans ces régions désolées. Après un parcours évalué à soixante kilomètres, Dernguiz interpella son maître et lui désigna quelque chose qui remuait dans la plaine. Avec Taide des lunettes on reconnut un troupeau de chiens et des huttes semblables à des snowhouses. C'était un village d'Esquimaux. Espérant recueillir des renseignements, Valdy s'abattit à une courte distance du village. Aussitôt on entendit des cris et des hurlements épouvantables ; les Esquimaux effrayés s'enfuirent en proférant des menaces. Pour les rassurer, Pickerreek s'avança seul et les engagea à venir le rejoindre, mais ses démonstrations d'amitié n'obtinrentaucun résultat. Alors il pénétra dans une hutte et se trouva en présence d'un grand gaillard, vêtu de peau de phoques, épaulant un fusil et prêt à faire feu. Le marin se jeta brusquement sur l'arme, l'ar-
ta^dboL sixx Tîwaiîiin» Au sejfUL aiiiariajEre- en lui apfiigpiZSLt SQKZS le mmeniitHaiisi nn de ces âmeux OKwps de pavjn^ qm socnt HMmuDecor des boxeurs de la. iM>ble Aïoi^etefire. et &»&t t{o>i£Îociiis roir à ceux qui les refirent t trenfe^-s^ mille chan* délies. »
f Goddaim ! s^œria lluMiiiiiie en tombant à la renverse.
— Ah ça ! tu n'es doiK pas un Esquimau } dit Pickerreek qui sa^^t assez d'an^^lais pour prononcer quelques courtes phrases.
— Non, je suis Anglais.
— Fallait donc le dire, imbédle! nous sommes des amis. »
Et Pickerreek, sortant de la hutte . appela ses compagnons, qui s'empressèrent d'accourir.
En aperce\'ant des hommes bâtis de chair et d'os comme lui, en distinguant une femme parmi eux, l'Anglais parut confus de sa grande frayeur, Il demanda des explications sur t Toiseau énorme* qu'il avait entrevu dans les airs. On satisfit sa curiosité en le conduisant auprès de l'aéronef. Alors , complètement rassuré , il raconta son histoire. C'était un pauvre naufragé ; son navire, un baleinier d'Aberdeen, avait coulé dans la mer de BafHn et il était le seul survivant de l'équipage. Réfugié sur un glaçon, des Esquimaux l'aperçurent, le secoururent et le conduisirent à Upernawick.
• Il y a près d'un an que je suis ici, continua TAnglais, et j'ai vainement attendu un navire pour