‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 89 sur 234 · chapitre IX · texte numérisé non relu

chapitre IX

me rapatrier. Voulant me rendre utile et n'être plus à charge aux habitants d'Upernawick, je»me suis fait chasseur pour le compte de la Compagnie danoise. Nous explorons le pays sans trop nous écarter et nous sommes quelquefois assez heureux pour rapporter à la factorerie de belles et riches provisions de pelleteries. Ma foi, ce genre de vie me plaît assez.

— Nous sommes donc près | d'Upernawick?

demanda Valdy.

— Oui. Une distance de vingt-cinq milles vous en sépare à peine. Quand vous repartirez, engagez-vous dans rOuest et vous y arriverez.

— Eh bien, dit Valdy, en parlant à ses compagnons, si le snow-drift (tempête de neige) nous a égarés, il sert à nous donner confiance en notre appareil. Hier nous avons franchi plus de 1,500 kilomètres ! Si nous marchons aujourd'hui avec la même vitesse, notre écart sera lestement modifié. »

Le naufragé appela les Esquimaux. Ceux-ci avancèrent d'abord avec circonspection et s'enhardirent peu à peu. Cardounet leur distribua quelques vivres; ce mince cadeau les rendit joyeux et confiants.

• Tu ne m'en veux pas? dit Pickerreek^en pressant la main de l'Anglais.

— Non, répondit celui-ci ; c'est si bon de vo des figures européennes ! »

Quelques gorgées de wiskey cimentèrent cette amitié d'un moment, et le Céleste reprit son

lâo L*z. Cart^a^ze da l'Air.

— Oui. *

Le Rosse se décoitrat et sliudma avec respect. Jamais de%:oaexiieiit ne lui parut si suÈlime et si sînqiie!

Le résident o&it le r^p^s du marin. Les royageurs se rendirent dans sa maison* suivis par les Esquimaux^ qui les prenaient presque pour des êtres sumatoreb et ne cessaient de se communiquer les impressions les plus bizarres. La femme du résident^ celle du pasleur^ assistées de deux servantes esquimaudes, dressèrent une table copieusement servie. Le gouvernement danois^ paternel et prévoyant pour ses pauvres sujets de la colonie occidentale du Groenland et empêché quelquefois de les ravitailler^ accumule les provisions dans les stations de la côte. Pièces de venaison, légumes consenés dans la glace, gibiers divers, vins généreux de France^ \ins cuits d'Espagne, dessert varié, café, rien ne manquait. Émerveillés de cette abondance extraordinaire, les voyageurs firent honneur au déjeuner et remercièrent vivement leur amphytrion. Ensuite, ils songèrent au départ; mais ils avaient compté sans les caprices de l'astre du jour, qui échauffiiit suffisamment les couches inférieures de Fatmosphère pour fondre la neige et la glace peu épaisse. Le lut imaginé par Picfcerreek s'en allait en eau; Tair pénétrait dans Tintérieur du ballon. Il fallut remédier à cet inconvénient. Sur Tordre du résident, deux Esquimaux se rendirent dans les magasins et revinrent bientôt, apportant un mastic

Page 1