‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 92 sur 234 · chapitre IX · texte numérisé non relu

chapitre IX

et descendit sur une berge bordée de petits glaçons. Les matelots américains qui, de leur bord, assistaient à la manœuvre aérienne, poussèrent des hurrahs frénétiques et saluèrent de leurs acclamations répétées les vaillants explorateurs. Un joUy-boat (canot) se détacha du navire, vint à terre et débarqua le capitaine Knox, un homme d'assez petite taille, rond, sanguin, au cou de taureau, à Tallure décidée, à Taspect martial.

• Eh! bonjour, mes amis, et que le Seigneur vous soit en aide, s'écria le capitaine du Lincola^ oh est mon ami Will Tooke ? Ah ! te voilà !

Etiez-vous égarés dans les régions atmosphériques ? Aussi bien que je m'appelle Sam Knox, je vous attends depuis une semaine ! •

Will Tooke énuméra sommairement les mésaventures qui avaient retardé le voyage et présenta ses excuses au marin.

• Pardonne-moi, lui dit-il en lui serrant cordialement la main, j'ai douté de toi. En ne t'apercevant pas de prime-abord, je t'ai traité de forban, de flibustier, de pirate, j'ai cru que ta manquais à la promesse jurée. Mon ami, pardonne-moi cette faiblesse d'un instant.

— Comment? tu as douté de ton vieux camarade Sam Knox ! Je te pardonne à cause de la franchise de ta confession, mais j'entends me venger. En votre honneur, il y aura fête aujourd'hui à bord du Lincoln^ et je vous retiens jusqu'à demain.

— Nous ne pouvons accepter ta proposition*

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— Et pourquoi cela?

— Il nous reste trente jours à peine pour faire le tour du monde et nous ne saurions perdre notre temps.

— Mais, mille noms d'une ralingue! vous ne partirez pas sans déjeuner avec moi !

— Nous acceptons, dit M™® Valdy qui comprenait qu'un nouveau refus vexerait et chagrinerait le capitaine.

— Ah ! mistress, vous me faites plaisir et j'aime qu'on parle ainsi. »

Et le capitaine Knox, mettant ses deux mains à la hauteur de sa bouche, en guise de porte-voix, héla le navire.

• Ohé! du Lincoln! ohé! Dickson (c'était le second) I ordonnez au maître coq de prendre dans la cambuse les vivres les plus frais et les plus délicats. Nous déjeunons à bord. Commandez aussi de doubler la ration de wiskey à nos hommes. Aujourd'hui, réjouissance pour tous! •

Le f joUy-boat » transporta les voyageurs à bord de la goélette. Les matelots, usant des loisirs créés par Tattente avaient chassé et le gibier ne manquait pas. Après quelques instants de préparatifs culinaires, le coq^ avec la gravité d'un maître d'hôtel pénétré de ses hautes fonctions, annonça que le déjeuner était servi. Naturellement la place d'honneur fut réservée à M'"® Valdy. Le capitaine Knox prêcha d'exemple, ainsi qu'on le dit ; il mangea de très-bon appétit, ne cessa d'encourager les convives, but comme un tem-

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