‹ La conquête de l'air: 40 jours de navigation aérienneChapitre 97 sur 234 · Chapitre X · texte numérisé non relu

Chapitre X

fleuve qui se jette dans la mer d'Hudson après un cours de 1,450 kilomètres.

Les voyageurs ne rencontrèrent qu'un facteur principal, trois agents secondaires et une vingtaine de trappeurs, pour la plupart, Bois-Brûlés (franco-canadiens ou métis), qui gardent toujours au fond du cœur une réminiscence de la mère patrie première et parlent purement le français. Ces vaillants chasseurs furent étonnés de recevoir une visite si insolite, mais leur étonnement redoubla lorsqu'ils surent le genre de locomotion employé par les étrangers. Ils transportèrent euxmêmes les colis laissés par le Lincoln et examinèrent attentivement le Céleste. Quelques indiens athaspacas et knistinaux vinrent aussi pour satisfaire leur curiosité. L'un d'eux, un chef, s' exprimant parfaitement en anglais, demanda des explications qu'on s'empressa de lui donner; alors, il devint tout pensif et s'écria :

• Rien n'est impossible aux visages pâles !

Les visages pâles sont les maîtres de la terre, bientôt ils seront les maîtres du ciel! »

Valdy commanda le départ. L'aéronef s'éleva, décrivit coquettement quelques circonvolutions comme pour se faire admirer et prit la direction du sud. Deux heures après, il arrivait au fort York.

Le fort York, autrefois semblable au fort Churchill et à tous les postes de VHudson's Bay fur Company disséminés sur son vaste territoire, a' pris une importance capitale dans ces régions

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glacées, grâce à sa position sur Testuaire formé par les embouchures des deux fleuves Nelson et HuU. Aujourd'hui, cesl une petite ville, port principal d'embarquement, dépôt et entrepôt généraux du territoire des Chasses, centre où se tient le grand conseil des facteurs en chef. Un directeur, délégué des proprietors^ , y réside une grande partie de Vannée. La ville est construite en bois et son aspect est triste.

Les voyageurs (il devient oiseux de le répéter), furent reçus avec la plus grande cordialité. Le directeur les invita à déjeuner. A table, on causa longuement; Valdy, Will Tooke, de KisselofF désireux de s'instruire, demandèrent une foule de renseignements sur l'organisation de la puissante compagnie de la baie d'Hudson.

t Son importance a bien décliné, leur dit le directeur, car le nombre des animaux à fourrure diminue, et maintenant il faut aller les traquer, au prix de fatigues inouïes, dans les Barren- Grounds^. Jadis la compagnie était souveraine, mais en 1870, un bill du parlement lui a enlevé son immense territoire pour le joindre au Dominion 0/ Canada^, lui a conservé ses factoreries avec les terrains environnants et lui a réservé le monopole du commerce des pelleteries avec exemptions de taxes.

— Elle n'est pas trop mal partagée tout de même, interrompit Will Tooke. »

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