LES EFFORTS DE L'ETRANGER
plans horizontaux et en dessous du ballon une longue arête verticale, entre les deux nacelles.
Les sorties du nouvel aéronat, commencées les 9 et
10 octobre, ont été plus heureuses que celles de ses atnés.
11 a, paraît-il, pu monter à 800 m., parcourir une cinquantaine de kilomètres et revenir au garage, à une vitesse, affirme-t-on, assez grande, mais sur laquelle on
Fig. 73. — Le dirigeable allemand Zeppelin éroliiant au-dessus du lac de Constance.
n'a pas de données exactes. D'ailleurs, le manque de stabilité des numéros i et 2 étant vraisemblablement la principale des raisons pour lesquelles ces dirigeables n'ont pas pu profiler de la force énorme de leur moteur, il est probable que l'adoption des plans d'empennage permettra de filer à une certaine vitesse.
En tous cas, les premiers succès du Zeppelin n° 3 ré-
igO LA CONQUÊTE DE l'aIR
chauffenl l'ardeur de tous ceux, nombreux en Allemagne, qui croient fermement à Tavenir des ballons à carcasse.
Ils prétendent que, si les ballons à enveloppe de tissu peuvent fonctionner convenablement avec des vitesses moyeinies, ils ne permettront jamais de très grandes vitesses, car ils seront exposés à se télescoper dès qu'on dépassera i3 à i4 m. à la seconde, attendu qu'on ne peut songer, soutiennent-ils, à donner au gaz une pression assez grande poiu* résister aux efforts de la marche rapide.
L'avenir seul en décidera.
11 est très possible que le Zeppelin n° 3 fournisse une solution de la question de la navigation aérienne, mais, tout en rendant hommage à l'énergie, à la ténacité si méritoire, et à la valeur des calculs de l'inventeur, nous estimons que de semblables ballons à carcasse rigide ne constitueront jamais une solution pratique, que ces mastodontes ne deviendront jamais des engins susceptibles d'être utilisés en campagne. Cette colossale machine est horriblement encombrante et d'un maniement pour ainsi dire impossible. En outre, elle est, comme les nombreuses avaries des n°* i et 2 l'ont prouvé, extrêmement fragile. Cela est tellement vrai qu'on ne peut ni effectuer le départ, ni atterrir sur le sol ferme : il faut un lac à surface très calme et des circonstances atmosphériques très favorables. Que peut-on attendre d'un appareil aérien de ce genre, sinon une dispendieuse curiosité scientifique ?
Et ces graves défauts tiennent, non à des imperfections susceptibles d'amélioration, mais au principe même du ballon à carcasse : inévitablement très lourd, cet engin ne peut trouver de remède au poids que par la dimension, comme nous le verrons plus loin (chap. VI).
Bref, le succès relatif des ascensions du Zeppelin n** 3 ne prouve nullement que les ballons métalliques doivent détrôner un jour les ballons à enveloppe souple.