I. C'est précisément ce qui a été fait sur la Patrie
plaque qui n'alourdirait en rien le dirigeable, si on la Taisait démontable, de façon qu'en cas de besoin elle puisse servir de lest ; son poids serait ainsi compté dans le total de lest disponible.
On peut donc conclure que les feux de mousqueterie ne sont guère à craindre pour le dirigeable.
En est-il autrement de Tartillerie ?
Examinons successivement le tir de Tartillerie de campagne et de Tartillerie lourde. Pour la première il semble qu'il y ait lieu de considérer quatre cas différents : celui d'un obus traversant le ballon, celui d'un éclatement un peu en avant du ballon, celui d'un projectile éclatant à l'intérieur, et celui d'un obus explosif.
Il est de toute évidence qu'un obus percutant n'éclatera nullement par suite de sa rencontre avec des obstacles aussi peu résistants que l'enveloppe d'un ballon, il y fera seulement, comme les balles, des déchirures, plus considérables, il est vrai, mais qui se refermeront de même. Il déterminera ainsi une fuite de gaz relativement peu importante, qui obligera peut-être le dirigeable à abandonner provisoirement sa mission et à rentrer dans les lignes amies pour atterrir et réparer (il n'aura même pas besoin d'aller jusqu'à son parc s'il peut trouver de l'hydrogène plus près).
Un obus-shrapnel qui éclatera à très peu de distance en avant (tir fusant parfaitement réglé), enverra dans l'enveloppe un certain nombre de balles d'un diamètre assez fort, qui détermineront un certain nombre d'ouvertures analogues mais un peu plus grandes que celles des balles d'infanterie. Le résultat se rapprocherait, vraisemblablement, de celui du cas précédent; il faudrait que l'éclatement se produisît à quelques mètres seulement du ballon pour que le rapprochement des petites ouvertures ou l'effort simultané des balles amenât un déchirement fatal.
On a parlé, dans certains articles, des déchirures que
Fig. 134. — Le Lebaady vu de rarrière.
CONQUÊTE DE l'aIR
produiraient les éclats d'obus aux formes irrégulières. Les auteurs de ces articles retardent de trente ans. L'obus français Robin et l'obus allemand qui lui ressemble beaucoup, n'éclatent pas, à proprement parler, ils s'ouvrent, agissant à ce moment comme de petits mortiers ; l'ogive ayant une forme peu propre au mouvement, tombe assez vite, la partie principale de la carapace, le culot, par suite de l'effet de recul que produit sur lui la déflagration de la charge intérieure, reste sur place et tombe, presque sur la verticale du point d'éclatement, tandis que les balles de shrapnel contenues à l'intérieur sont projetées en avant avec une force très grande en cône, comme l'eau d'une pomme d'arrosoir. Il n'y a aucun éclat, avec les shrapnels, qui sont les projectiles ordinaires de l'artillerie moderne.
Il y a bien une autre sorte de projectiles, ce sont les projectiles à explosifs, qui, eux, se pulvérisent en une quantité de fragments coupants mais généralement très petits. Mais on ne tire que rarement avec ces sortes de projectiles, dont on n'a que des approvisionnements très limités, parce que leurs cas d'emploi sont assez rares, et que, pour produire de l'effet en tir fusant, ils ont besoin d'un réglage de fusée extrêmement précis très difficile à obtenir. Il ne semble pas qu'on ait intérêt à les employer contre des ballons. Ils ne produiraient d'ailleurs probablement pas plus d'effet, à moins d'éclater assez près pour que le « souffle » de la mélinite (brusque extension des gaz très volumineux dégagés par l'explosion) écrase et crève le ballon.
Ce que l'ennemi pourrait avoir à désirer le plus, ce serait certainement d'arriver à obtenir l'éclatement d'un projectile (shrapnel ou explosif) juste à l'intérieur du ballon ou immédiatement avant ; il n'y aurait, en ce cas, pas de doute sur le résultat.
Mais pour tout cela il faut Tatteindre... et c'est là que la question se complique.