‹ La Conquête de l'autonomie plénière du Canada [microforme]Chapitre 10 sur 24 · NEGOCIATIONS ANTERIEURES · texte numérisé non relu

NEGOCIATIONS ANTERIEURES

Sans vouloir remonter trop loin, il est bien équitable de signaler que le Canada, dans toutes les négociations de traités antérieures au traité signé par les honorables Brodeur et Fielding, avait eu à souffrir de l'intervention üntéressée des négocisteurs britanniques sous les ordres desquels ils devaient opérer.

Nous pouvons rappeler, pour mémoire, la situation difficile dans laquelle se trouva sir John Macdonald pendant les négociations du traité de 1871. Dans la “Vie de sir John Macdonald,” écrite par M. Joseph Pope, son biographe lui fait dire, à la page 94:

Dans nos conférences intimes, mes col'ègues me pressai à 5 de céder; en réalité je n'avais personne pour m'appuyer et j'étais obligé de refuser mon concours et partant, je le crains, de me rendre extrẽmement désagréable à mes collègues. 5

A la page 105, il est encore plus explicite:

Je dois dire que je suis grandement désappointé de la conduite des commissaires anglais. Ils n'avoir qu'une chose dans l’idée—retourner en Angleterre, avec un traité dans leur poche, réglant toutes les questions, quel que soit ce qu'il en coûtera au Canada.

En 1878, le gouvernement Macdonald, par un décret du conseil, représentait au gouvernement anglais que les représentants cana-

diens, sir A. T. Galt, haut commissaire à Londres et M. Harnard, de concert avec l'ambassadeur anglais à Paris, devaient être autorisée à conduire les négociations avec le gouvernement français. La ré- Ponse du gouvernement anglais fut que les négociations devaient être conduites par les représentants anglals seuls.

Voici d’ailleurs le texte de cette réponse citée par M. R. L. Borden aux Communes, le 20 février dernier: 5

En réponse, je dois vous informer qu'on ne croit pas qu'il soit désirable de nommer un commissaire canadien pour prendre part à la négociation de ce traité, mais que si votre gouvernement désire envoyer quelqu'un qui jouit de sa confianée pour aviser le gouvernement de Sa Majesté ou l'ambassadeur britannique à Paris sur toutes les questions qui pourront se soulever au cours des négociations, le gouvernement de Sa Majesté sera heureux de prendre note de ses observations.

En 1893, Sir Charles Tupper fut chargé de négocier à Paris un traité français qui est resté en vigueur jusqu'au traité de cette année, dequel, comme nous l'avons dit, marque uns époque dans nos relations internationales.

Page 1