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LES NEGOCIATIONS TUPPER

Les conservateurs se sont évertués à prétendre que Sir Charles

Tupper avait eu, dès 1893, pleins pouvoirs de conduire lui-même ses 5

négociations indépendamment des blénipotentiaires britann ques.

Cette prétention ne tient pas debout à !a lueur des documents publics.

Sir Charles Tupper, toujours hâbleur, a cherché à dénaturer les faits en poussant les hauts cris et en arrangeant les choses à sa façon.

Une de ses lettres parue dans le “Star” de Montréal se terminait par la note suivante qui était déjà un aveu:

Je ne saurais terminer cette communication sans dire que tout en ayant conduit seul les pe à > pour le Canada, et que la France

M. G. Pallin, conseiller d'état, directeur général des douanes, et M. E. ge à directeur du commerce extérieur au ministère du commerce et de l’industrie, j'ai reçu l'appui et le concours le plus cordial des ministères des affaires coloniales et des affaires étrangères de Londres, et de Son Excellence le marquis de Dufferin et d' Ava. J'ai surtout beaucoup d'obligations à sir oseph Crowe, premier secrétaire et attaché spécial d'ambassade pour le commerce qui m'a aidé de ses conseils éclairés et de sa grande expérience dans ces questions et qui s’est constamment adjoint à moi dans mes re-

3 a D'ailleurs, sa prétention d'avoir conduit seul les négociations est

coatredite par un rapport de Lord Dufferin, ambassadeur à Paris à Lord Roseberry, alors Ministre des Affaires Etrangères:

crois ‘qu'il m'incombe A l'attention de Votre rie sur +4} fait preuve sir Charles Tupper et sir Jos. — les longues et difficiles négociations qu'ils ont conduites avec les représentants de la France. | Cette déclaration est confirmée par Sir Edward Grey, qui était cous-secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, et par lord Ripon, seerétaire d'Etat aux colonies, et qui disait:

Pour faire suite à la précédente correspondance au sujet des négociations avec la France concernant commerce avec le Canada, lord Roseberry m'a chargé de vous prier d'informer le marquis de Ripon ces eonel le 6 cou

Le marquis Ripon confirme cette déclaration dans la dépêche

suivante:

“J'ai l'honneur de vous transmettre, pour l'information du verne ment de Votre Seigneurie, la copie d'une lettre du Foreign- contenant une dépêche du marquis 1 Dufferin et d' Ava, annonçant l’heu-

reuse conclusion des tion la France au sujet du commerce œanadien, et 8 8 jation de l'habileté de 2 Charles Tupper et de sir Joseph Crowe à poursuivre les négociations.

D'ailleurs, la lettre suivante de Sir Charles Tupper lui-même, règle catégoriquement la question; le marquis de Dufferin avait répondu ce qui suit à son gouvernement qui sollicitait son avis au sujet d'une proposition du gouvernement du Canada que le hautcommissaire soit investi avec lui-même du pouvoir de conclure une convention commerciale avec la France.“ II disait:

Bien que je consente à faciliter la tâche du haut commissaire cana-

dien dans la mesure de ma compétence, je proposerais que sir Crowe prenne aussi part aux négociations comme il a fait dans d’autres

(Signé) : DUFFERIN ET AVA.

Or, que répondit Sir Charles Tupper, le ter juin 1892: J'ai l'honneur d’accuser réception de la lettre de M. Wingfeld, datée

ne peut, avec aucune apparence même de raison, persister à dire qu'ils négocié seul le traité, puisque Sir Joseph Crowe était, par ces. instruetons du Ministère des affaires étrangères de la Grande-Bretagne, investi du pouvoir de négocier avec la France, .

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