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LA "RECONNAISSANCE DU PRINCIPE D'AUTONOMIE

C'est ainsi que, grâce à Sir Wilfrid Laurier, nous avons été débarrassés de toutes ces propositions impérialistes.

La Conférence de 1907, avons-nous dit, a marqué la fin de l’histoire du mouvement de la Fédération Impériale ei elle a ouvert aussi l'ère de l'acceptation par le gouvernement impér'al du grand principe de l’autonomie coloniale plénière que le premier ministre d’Angleterre énonçait aussi comme étant l’éssence du lien impérial.

Liberté d'action individuelle de la part des Etats.

Liberté de relations des Etats entre eux.

Liberté de relations des Etats avec la mère-patrie,

Les conférences ont démontré l'extrême habileté et la finesse Incomparables de Sir Wilfrid Laurier à ce jeu de la politique.

Comme nous le disions, il n’a employé qu'un seul argument: LAUTONOMIE et avec cet argument, il a bouleversé toutes les combinaisons et montré le creux de toutes les arguties.

Sir Wilfrid Laurier, ce Canadien-Français, dont nous avons le

droit d'être fiers, a exercé plus d'influence sur Ia Conférence que tous les autrec délégués.

Pendant que les autres parlaient, il demeurait silencieux; sur 622 pages que contient le rapport de la Conférence, les autres délégués en ont accaparé 600. Sir Wilfrid Laurier fit un seul long discours sur le tarif de préférence, un court sur All Red Line et le reste du temps il se contenta de rappeler le principe d'autonomie,

< Mais il est bon de remarquer aussi que notre pays est le berceau de l'autonomie et que Sir Wilfrid Laurier ayant surveillé toute sa vie politique la pratique de re régime, s'en étant pénétré jusque dans les moelles, était plus apte qu'aucun autre délégué à en démontrer le mécanisme et à en appli .+- le fonctionnement.

Disons aussi qu'il était .:- « avoir derrière lui l'appui du Canada et du pays tout entier.

Suivant sa belle expression, quand il dicutait avec les ministre de la métropole, c'était “UNE NATION QUI PARLE A UNE NA- TION.” 5 J

Jamais un Canadien n'a aussi courageusement et aussi brillamment défendu nos droits en Angleterre et dans le monde entier: et, en ce moment, où nous aMons être appelés à renouveler le mandat que le pays lui a confié, nous ne croyons pas qu'il y ait dans le Ca-

nada une seule voix pour lui refuser le titre que le peuple lui a donné et que lui décernent les foules quand elles l’appellent LE PLUS GRAND CANADIEN.

LE DROIT DE NEGOCIER DES TRAITES co I [AUX

Le séjour de l'honorable L. P. Brodeur et de l'honorable M. Fielding en France pour y négocier le traité entre le Canada et la France marque une autre étape considérable dans notre apogée nationale, dans notre indépendance exclusive, et mérite d’être signalée parmi les incidents du régime libéral qui ont contribué à mettre en relief les membres canadiens-français du cabinet dont Sir Wilfrid Laurier est le chef. 3

On cherche en certains quartiers à faire croire à l'effacement des hommes de notre race dans cette administration la plus fructueuse dont le Canada ait jamais été doté; c'est une injustic: sans nom, à la fois pour Sir Wilfrid Laurier et pour ses collègues anglais, qui ont toujours loyalement fait la large part aux ministres d'origine francais. La grande héroïne chrétienne, Jeanne d'Arc, devait ‘être reçue en grande pompe dans la cathédrale d'Orléans et demandait la permission de porter au poing son étendard de bataille, mais on lui

refusait cette faveur; alors elle s'écria: II a été à la peine, il est juste qu'il soit à l'honneur!”

De même si les ministres français ont été à la peine, ils méritent aussi d’être à la gloire.

U n'en est pas de plus haute pour l'honorable M. Brodeur que d'avoir participé à ces négociations de Paris qui, après avoir signalé une ère nouvelle dans nos relations avec la Grande-Bretagne au point de vue de la conclusion des traités commerciaux ont abouti à un ar- ‘rangement international de la plus haute importance en ce qu'il assure l'établissement de relations d’affaires profitables et équitables entre le Canada et la France, notre ancienne mère-patrie,

II importe de bien établir le progrès accompli en présence de Fobstination de nos adversaires, les tories, à nier, à la face même des documents, les changements accomplis et le libre-arbitre laissé aux plénipotentiaires canadiens dans leurs négociations avec les représentants de la République Française.

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