‹ La conquête du bonheurChapitre 104 sur 133 · RvLskm, Praeteritay in fine · texte numérisé non relu

RvLskm, Praeteritay in fine

218 l'amour de la nature

If^. forêt tout entijère est une voix divine : Ecoute-la. Le chêne gronde et le bouleau Chuchote, puis se tait, lorsque frémit l'ormeau; £t le hêtre murmure et le frisson du saule»

Incertain et léger, est presque une parole, Et, fort d'un âpre bruit et d*un souffle marii^^ Mystérieusement se lamente le pin^.

L'on envie la 4pstinée ^es grands paysagistes comme Corot. Gomme flappignies, qui pnt pass^ leur vie à cgmprendre la beauté des arbres et à }'exprime]r : ils ont vécu dans h splendeur de la nature et leur sensibilité toujours exercée a gardé sa fraîcheur et sa délicatesse : ils ne l'ont pas laissée s'encrasser p^r des b^itudes d'inertie et ils ont trouvé la récompense de leur attitude vivante dans les joies toujours renaissantes de la beauté savourée.

Nous avons l'aud^^ce de souhaiter m^e vie étemelle pour notre âme^ çepec^dant que nous vivpns d'une vie mor^e, insensible, au milieii des splendeurs qqe prodigue la nature! Ce n'est pas |a forêt seulement qui est belle, mais les moindres brin^ d'herbe. Qui va syuipatbiser, en antoipne, avec les frêles promesses du blé qui pointent hors de terre et que lesfrifn^s vont recouvrir? Qui remarque sur les pierres les lichqns splendides? Qui va, cpnime le^ Japonais, cpptempler au printemps, les cerisiers eq neige? Qui se penche sur les fleurs pour en admirer la couleur et les dessins? Quels artistes s'insr pirent de la sobriété exquise des traits qui décorent la pensée jaune : deux traits noirs aux grands pétales, deux petits traits en b^ut et ces touches délicates sont d'une incompar^blô rnaîtrise. l| n'est pas un briu d'herbe, pas une fleur qui n'ait sa beauté propre et son caractère. P^s n'est besoin, pour qui sait observer, de chrysanthèmes rares, de tulipes qui valent une fortune : il suffit de se baisser et de regarder, chose facile — et de sortir

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